LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
gauche ime torche enflammée. La main droite est pensée sur l’épaule d’un buste de Minerve casquée; sur la gaine du buste on lit : Sophia1.
On connaît encore un projet de médaille pour la République française, que Prud’hon lit en 1794. Ce dessin minuscule, d’une extrême finesse est coloré en ton de bronze avec des rehauts. Il représente un homme nu, vu de face, assis sur un siège antique qui entoure de ses bras deux petites ligures de femmes, debout, drapées et posées sur les pilastres du siège; l’une, la Liberté, tient une pique surmontée
du bonnet ; l’autre, l’Egalité, porte un niveau. Ces deux figures sont unies et leurs mains sont entrelacées sur la poitrine de leur protecteur. On lit dans le champ :
d’un côté, Liberté; de l’autre, Egalité . Autour est en-
roulé un serpent qui se mord la queue en signe d’éternité. Puis vient la cocarde tricolore, et dans la partie bleue, qui est plus large que les deux autres, se trouve cette inscription : République française, une, indivisible et impérissable, et au bas, P. P . PruA'hon . J1942.
1. Au bas d’une gravure de Pérée, on lit : « V Aurore de la raison commence à luire et le Génie de la Liberté établit l'empire de la Sagesse sur la terre. » Sur la gaine, au-dessous du mot Sophia , on voit des balances, un niveau et le bonnet de la liberté. Tout cela fait date.
2. Je possède ce charmant dessin, qui m’a été donné par M. tlis de La Salle.
Prud’hon avait encore projeté de décorer le Panthéon de quatre grandes peintures en grisaille, simulant des bas-reliefs, ou les vertus républicaines eussent été glorifiées. J’ignore s’il commença l’exécution de ces ouvrages, dont il ne reste aucune trace *.
1. M. Faustin Poëy d’Avout avait recueilli à Cluny deux lettres de Prud’hon, datées de 1794 : ces lettres ont disparu; l’une d’elles faisait mention du projet de Prud’hon. — Prud’hon avait aussi l’intention de faire un tableau représentant les bienfaits de V Agriculture, comme le prouve la lettre suivante publiée parM. Fillon.
Paris 15 Messidor an IV.
« Citoyen ministre,
« Le citoyen Prud’hon, peintre d’histoire, m’adonné commission de vous faire passer l’esquisse d’un tableau qu’il se proposerait de peindre en l’honneur de l’Agriculture. L’allégorie et la réalité se mêlent heureusement dans cette composition d’un artiste qu’il faudrait aider de quelques secours. La République victorieuse de ses ennemis intérieurs et extérieurs se devra à l’agriculture, et rien de ce qui peut l’honorer ne vous est indifférent. Protéger, par des encouragements bien placés, le développement du génie d’un artiste de mérite est aussi une obligation pour ceux qui ont en main le pouvoir.
« Salut et fraternité.
« Faure. »
( Lettres écrites de la Vendée à M. Anatole de Montai g Ion par Benjamin Fillon. Paris, Tross., 4861, p. 88.)