‹ Pseudo-Coxalgie: Coxalgie de CroissanceChapitre 21 sur 23 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

(Duplay, Des pseudo-coxalgies, Gaz. hop., 1892).

J'ai examiné récemment un jeune bomme de seize ans qui, à la suite de fatigues occasionnées par l’abus de la bicyclette, avait présenté des phénomènes très analogues à ceux de la coxalgie au début. C'était d’ailleurs le diaguostic porté par un de nos confrères, Ce qui me permit de reconnaître qu'il s'agissait d’une ostéite de la tête du fémur et d’éliminer l’idée de la tuberculose, c’est l'existence d’un point douloureux avec empâtement à l’union du col du fémur et du grand trochanter et l’absence de la douleur au niveau de la tête et en arrière. Il s'agissait, dans ce cas, d’une sorte d’ostéite apophysaire analogue à celle que l’on rencontre si fré-

Re ue quemment chez les adolescents au niveau de la tubérosité antérieure du tibia.

OBsERVATION XVI

(Recueillie dans le service de M. le professeur Pollosson.)

Pseudo - coxalgie d'origine ostéomyélitique.

Euxation spontanée du fémur consécutive.

F. B..., jeune garçon de quinze ans, entre dans le service de M. Pollosson, le 14 janvier 1899.

Père vivant, bien portant. Mère morte. Deux frères et trois sœurs. Aucune maladie antérieure.

Il a d’abord exercé le métier de maçon, puis cet été, il est entré comme berger dans une ferme où il coucha par terre pendant deux mois. À la fin de ces deux mois (août 1898), il éprouva, an matin, au lever, des douleurs vives dans la hanche gauche. Malgré cela, il voulut essayer de continuer son travail, mais bientôt, dans la même journée, ne pouvant plus marcher, il dut se mettre au lit, Son membre inférieur gauche, dit-il, était raide.(Un médecin appelé lui ordonna des frictions et, jusqu’à son entrée à l’Hôtel- Dieu, il ne fut soumis à aucune autre visite médicale.

Quelque temps après, il eut une épistaxis très abondante, des troubles digestifs avec vomissements, et un mois après le début, il ressentit des douleurs encore plus vives dans tout le membre inférieur gauche, mais surtout à la hanche. D’autres douleurs se montrèrent en même temps au genou droit, dans tout le bras droit mais surtout au coude, dans tout le membre supérieur gauche mais surtout au voisinage de l'extrémité supérieure du bras et de l’extrémité inférieure de l’avant-bras. Ces symptômes s’accompagnèrent d’une céphalée plus forte que celle du début de l'affection.)

Dès lors, le malade était incapable de se mouvoir, on était obligé de le transporter. En extension complète sur son lit, il ne pouvait s'asseoir, empêché par la raideur de son membre inférieur gauche: Il lui était impossible de se remuer sans provoquer une

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douleur très vive, il ne pouvait supporter aucun contact, pas même celui de ses draps.

Cet état a duré quatre mois, après lesquels le malade a pu se lever, s'habiller et marcher avec une canne; il boitait, (mais ne souffrant plus, se considérait comme guéri, Il fut alors très étonné de se voir beaucoup plus grand qu'auparavant. Si l’on en croit son dire, les manches de son paletot était trop courtes de plus de 10 centimètres pour atteindre la région du poignet qu’elles affleuraient avant sa maladie, ce qui ferait un accroissement de la taille de plus de 20 centimètres, puisque, chez l’homme, la distance qui sépare l’extrémité des doigts d’une main, de l’extrémité des doigts de l’autre, lorsque les deux membres supérieurs sont étendus horizontalement dans le prolongement l’un de l’autre, représente à peu près la hauteur de sa taille. En retranchant ce qu'il peut y avoir d’exagéré, l'allongement n’en reste pas moias considérable.)

Amaigrissement notable; quelquefois toux qui provoquait de la douleur dans la jambe gauche.

Etat actuel.— Le jeune homme est pâle, amaigri, moins cependant que pendant sa maladie ; l’appétit est revenu,

A l'inspection, on constate un amaigrissement notable des deux membres inférieurs, un raccourcissement apparent du membre inférieur gauche, Le pied gauche est en rotation en dedans très prononcée, et tout le membre inférieur gauche est raide, raideur que l’on peut vaincre facilement. Le malade ne peut soulever le talon au-dessus du plan du lit; il arrive avec effort à la flexion, mais en portant le talon en dehors et le genou en dedans. La flexion de la jambe détermine un mouvement de rotation du bassin et du membre inférieur droit.

L'extension de la cuisse gauche sur le bassin provoque peu de douleur et entraine tout le bassin. Abduction impossible ; on voit nettement les adducteurs gauches exagérés par la contraction, faire saillie sous la peau.

La pression sur le grand trochanter n’est pas douloureuse. Celuiei est épaissi, on en sent dificilement le contour, il est remonté. Les téguments à ce niveau sont assez vasculaires, présentent de la dilatation veineuse.

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Mensuration de l’épine iliaque antéro-supérieure à la malléole interne : membre inférieur droit, 81 centimètres; gauche, 79 centimètres, Genou droit au niveau du plateau tibial, 30 centimètres ; gauche, 28 centimètres. Quisse droite, 30 centimètres; gauche, 27 centimètres. Au tiers inférieur de la jambe droite, 15 centimètres; gauche, 19 centimètres et demi. A ce niveau, on constate un épaississement de l'os, et la pression est douloureuse, L’épine iliaque antéro-supérieure gauche est à 3 centimètres au dessus d’une ligne transversale, passant par l’autre épine. Le bassin a une circonférence de 70 centimètres. Le membre inférieur gauche fait avec le bassin un angle en dehors très prononcé, tandis qu’à droite la cuisse et le bassin sont sur le même plan. Déviation latérale gauche de la colonne dorsale; compensation latérale de la colonne lombaire. Si l’on fait mettre le malade debout, les orteils du pied gauche effleurent le sol.

(On trouve encore une augmentation de volume assez marquée de l'extrémité supérieure du fémur gauche, de l'extrémité infé-rieure du fémur droit et de l’extrémité inférieure du radius gauche. Les os symétriques des deux membres supérieurs sont d'égale longueur‘.)

On applique un bandage silicaté remontant jusqu'aux seins.

Cette observation semble dépasser les limites que nous avons assignées à la pseudo-coxalgie de croissance, mais nous ferons remarquer que les phénomènes franchement ostéomyélitiques qui y sont relatés ne se sont peut-être produits-qu’a partir de la seconde poussée aiguë, un mois apres le début de l'affection, car le malade n’a été examiné que cinq mois après le commencement des accidents, et le médecin qui le vit aux premiers jours ne jugea pas à

! C’est en allant voir et interroger ce malade revêtu de son silicate que nous avons ajouté à cette observation les parties comprises entre parenthèses.

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propos d’immobiliser la hanche. En tout cas, ce fait rentrant dans les intermédiaires qui relient la coxalgie de croissance et la coxalgie ostéomyélitique aiguë, peut servir de transition.

Nous pourrions ajouter encore un grand nombre d’observations. M. le D' Fiessinger, en plus des observations qu’il nous a données, nous a cité, chez des enfants de six à sept ans, cinq cas de guérison en quinze jours à quatre semaines. M. E. Vincent, chirurgien des hôpitaux, nous a affirmé qu'il avait eu souvent l’occasion de soigner des enfants qui semblaient, au premier abord, atteints de coxalgie vraie, quoique ce diagnostic parût douteux, mais qui guérissaient rapidement et pour toujours. D’autres chirurgiens ou médecins des hôpitaux de Lyon ont aussi observé des cas analogues. Nous nous dispenserons cependant de reproduire ces observations parce que le chirurgien est obligé de fouiller dans sa mémoire pour les retrouver et que, de ce fait, elles manqueraient de précision.

OBsERVATION X VII

(Obs. VII de la thèse de Mesnard, Paris, 1891.)

Il s’agit d’une petite fille dont la marche et l’attitude pendant la station debout étaient de nature à faire croire à une coxalgie arrivée à la deuxième période.

La facilité avec laquelle la fatigue se produisait quand l'enfant avait un peu marché, la résistance qu’elle opposait à continuer sa promenade, les douleurs qui accompagnaient la fatigue étaient autant de signes qui confirmaient les premiers.

L'absence de douleurs à la pression directe, soit au niveau de

Ps CD: 6

STUNT ee l'articulation, soit sur le grand trochanter, l'absence de douleurs en pressant sur le genou pendant que le membre était en flexion ; la conservation des mouvements normaux et l'absence de craquements dans la jointure indiquaient que l’articulation était saine.

En procédant par élimination, il était facile de voir qu'il ne s'agissait, dans ce cas, ni de luxation congénitale de la hanche, ni de coxalgie hystérique, ni même decoxalgie vraie, ni d’atrophie consécutive à une lésion nerveuse ou médullaire.

La mensuration des membrés abdominaux donne la clef du diagnostic, Le membre droit est long de 53 cm. 5, le gauche n’a que 52 centimètres ; c’est cette différence qui oblige l'enfant à boiter, à porter le pied gauche en avant et en dehors, à traîner légèrement ce pied. La fatigue résulte de l’effort fait pour maintenir l’équilibre. Enfin, comme cette petite fille a grandi assez vite depuis six mois, il est possible que, sous l'influence d’un apport sanguin un peu plus actif à l’union de l’épiphyse supérieure et de la diaphyse,. la douleur soit plus prompte à apparaître quand la fatigue se produit.

L'application d’une semelle et d'un talon, égalisant les membres inférieurs, a fait cesser les principaux troubles. Soumise depuis six semaines à ce traitement, l'enfant marche beaucoup mieux,

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