‹ Pseudo-Mal De Pott:Chapitre 10 sur 27 · ES ES · texte numérisé non relu

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on de l'hystérie sur la colonne vertébrale qui a donné lieu à des erreurs de diagnostic regrettables et sans doute plus fréquentes qu’on ne se l’imagine ordinairement. Get ensemble de symptômes peut être désigné sous le nom de mal de Pott hystérique. Nous n’y trouverons pas, naturellement, au point de vue anatamopathologique, les lésions dont nous parlions il y à un instant, à propos de la tuberculose vertébrale. Au point de vue symptomatologique, nous ne nous trouverons pas en présence de gibbosité réelle, ni d’abcès par congestion; mais nous pourrons constater l'existence de tous les symptômes qui accompagnent le mal de Pott à son début, alors qu’il est le plus difficilement diagnosticable : douleur rachidienne, manifestations diverses à distance, parfois troubles de motilité et de sensibilité qui, comme on le sait, peuvent apparaître avant la déformation du rachis. C’est ainsi que le comprennent Audry, Charcot, Gilles de la Tourette, lorsqu'ils emploient ce terme de pseudo-mal de Pott hystérique. HISTORIQUE. — Audry, en 1887, fait remarquer, en apportant à l’appui deux observations du professeur Poncet, que des manifestations purement nerveuses peuvent être prises pour une lésion organique de la colonne vertébrale et emploie, le premier, ce terme de pseudo-mal de Pott hystérique. Avant lui, cependant, Ollivier (d'Angers) et surtout Brodie avaient parlé de cette confusion possible. On peut, en effet, s’en convaincre en parcourant l’œuvre du chirurgien anglais : « Une forme d’hystérie très fréquente, dit-1l, est celle où les symptômes s’accusent du côté de la moelle; il arrive souvent que dans ces cas on croit avoir affaire à

des ulcérations des disques intervertébraux ou des corps des vertèbres. C’est là une fâcheuse erreur dont 1] m'est arrivé très souvent de constater les funestes effets. J’ai vu condamner au repos et-à la position horizontale, pendant des années, des jeunes filles que l’on soumettait encore au traitement par des cautères et des sétons, alors que le grand air, l'exercice et les passe-temps les eussent complètement guéries en quelques mois. »

Ainsi, l'existence de rachialgies prises pour des lésions organiques du rachis et traitées comme telles était franchement signalée. De nombreuses recherches furent faites depuis sur la douleur dorsale des hystériques par Gully, Andral, Briquet et ses élèves Mesnet et Besançon, Axenfeld. Une thèse remarquable, de Paris, du D° Beaujolin, en 1873, résume tout ce qui a été écrit sur cette question. En étudiant avec soin cette manifestation fréquente de la névrose, l’auteur nous montre un cas de mal de Pott vrai présentant une ressemblance frappante avec les cas de rachialgies purement hystériques dont il rapporte les observations. Il admet donc qu'on peut confondre les deux affections; mais passe rapidement sur cette considération clinique. En 1887, paraît dans le Lyon médical du 13 octobre l’article fort intéressant d'Audry.

L'année suivante, le professeur Charcot appelle de nouveau l'attention sur cette confusion possible entre une manifestation hystérique et une lésion organique. Dans une de ses brillantes leçons du mardi, le 18 décembre 1888, le grand maître de la Salpétrière présente deux malades fort curieux. L'un est une femme atteinte autrefois de mal de Pott vrai, et chez laquelle il avait pensé

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un moment à une récidive de l'affection antérieure. L'autre, un jeune homme de 24 ans, présente des Symptômes et un état général tels, qu'il fallait avoir toute la science profonde du professeur Charcot pour réformer un diagnostic porté précédemment et découvrir qu’on était en face d’une affection hystérique.

Vers la même époque, on publiait en Angleterre, dans le « S' Thomas’s hospital reports », les observations de deux malades traitées pendant plusieurs années pour des tuberculoses vertébrales et chez lesquelles on reconnut plus tard la nature hystérique des lésions. L'auteur de cet article, M. Thomas Savill, ajoute ensuite quelques considérations cliniques fort intéressantes à ce sujet. En 1889, une thèse de Paris, du D' Merlin, traite de cette même question. Enfin nous avons rencontré dans le Bulletin médical de 1891 un article de Gilles de la Tourette, reproduit, du reste, dans son traité clinique et thérapeutique de l'hystérie, sur le pseudo-mal de Pott. Pourtant les traités des maladies nerveuses, en général, ne mentionnent pas cette manifestation spéciale de la

névrose.

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