TRAITEMENT
H n’y a que peu de chose à dire sur le traitement du pseudo-mal de Pott hystérique. La première indication à remplir est, en effet, de traiter l’hystérie, et il n’y a presque rien à faire pour la manifestation locale. Si nous examinons nos différentes observations à ce point de vue, nous voyons que quelques malades ont eu à subir l'application d’un grand nombre de pointes de feu : l’une d'elles en a eu plus de cinq mille. Nous ne croyons pas cependant que cette cautérisation ait eu, par elle-même, une influence quelconque sur la marche et la durée de l'affection. Du reste, on ne mettait des pointes de feu, des vésicatoires, que par suite de l'erreur du diagnostic posé. Une malade a été beaucoup améliorée par une saison à Aix-les-Bains, ce qui est contre-indiqué dans le traitement des ostéo-arthrites tuberculeuses ou douteuses. Il est bien probable dans ce cas que la médication avait agi plutôt sur le moral de la malade par le changement de milieu et la distraction, Les malades de
Savill ont très bien guéri après avoir été soumises à un
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isolement complet, à un régime fortifiant, à l’hydrothérapie, et à la suite du massage des muscles de la région dorsale.
Que doit-on faire lorsqu'on a posé son diagnostic d'une façon certaine et qu'on se trouve en présence d’un sujet atteint de cette manifestation hystérique ? La première indication est d'établir le traitement général de la névrose. L'isolement de la malade est, d’après Pitres, le point principal. Il faut changer l’hystérique de milieu et souvent un genre de vie nouveau produit à lui seul une grande amélioration. « Plus les parents d’une malade de ce genre sont tendres, affectueux, attentifs à prévenir ses désirs et à s’alarmer de ses souffrances, nous dit Pitres, plus il est important de la soustraire à leur maladroite et inopportune sollicitude. » Une fois cette condition remplie, si elle est possible, car on rencontrera souvent les plus grandes difficultés, il faudra employer l'hydrothérapie, les douches froides. Les médicaments divers n’ont pas une influence bien marquée et agissent plutôt par l'effet moral que ces remèdes peuvent produire sur l'esprit du sujet. Nous avons encore les grandes émotions, les frayeurs, les contrariétés, etc., en un mot tout ce qui peut produire « une révulsion psychique », mais ces moyens sont trop infidèles et trop difficiles à manier pour qu'il soit permis d'en user.
À côté de ce traitement de la névrose en général, il est difficile de trouver une médication locale pour la lésion qui nous occupe. Le massage de la région douloureuse a donné à Savill d'excellents résultats. On peut employer encore les différents moyens qu’on a coutume
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d'utiliser contre les contractures et les paralysies d’origine hystérique : l'électrisation des muscles, les applications métalliques, l’aimantation. Ces différents agents réussissent souvent, non pas directement par leurs propriétés physiques, mais indirectement, par le fait de l'émotion que cause aux malades la vue d'un appareil étrange et la confiance dans l'efficacité de son action.
Nous disions, il y a un instant, qu’il fallait être certain de son diagnostic avant de recourir au traitement que nous indiquons. Si, en effet, on avait affaire à une tuberculose de la colonne vertébrale, il serait très dangereux de soumettre le malade à un traitement absolument contraire à la guérison de son affection. Des douches froides, par exemple, des exercices de gymnastique, du massage, sont contre-indiqués chez un tuberculeux et ne peuvent qu'aggraver la lésion. Aussi, comme l'indique M. le professeur Poncet, si on a quelques doutes sur la nature de Paffection, il vaut mieux faire plus que moins, se tenir dans l’expectation armée et traiter comme s'il s'agissait d’un mal de Pott véritable.
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