‹ Pseudo-Mal De Pott:Chapitre 27 sur 27 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Il existe une manifestation particulière de l’hystérie que l’on peut confondre avec le mal de Pott. M. le professeur Poncet, qui a signalé le premier ce complexus symptomatique, lui a donné le nom de « pseudo-mal de Pott » ou de « mal de Pott hystérique ». L'existence d’un ensemble de symptômes donnant lieu à une confusion de ce genre est probablement plus fréquente qu’on ne peut le supposer, l'attention ayant été peu souvent appelée jusqu'ici sur cette manifestation locale de l’hystérie. Son existence est prouvée, du reste, par les observations que M. Poncet a eu l’obligeance de nous communiquer, par ces cas de prétendue tuberculose vertébrale qui guérissent instantanément ou à brève échéance.

II. — Ce pseudo-mal de Pott se produit chez des sujets, des femmes principalement, présentant dans leurs antécédents personnels une prédisposition ner-

veuse, sans que l’on ait la plupart du temps rien à noter comme antécédents héréditaires à ce point de vue.

IIT. — La symptomatologie se rapproche beaucoup de celle du mal de Pott vrai, à son début. On y rencontre de la douleur au rachis, des phénomènes à distance, des troubles de la motilité et de la sensibilité.

IV. — Au point de vue de l’anatomie pathologique, on ne peut que présumer ce qui se produit en établissant la comparaison entre ce syndrome et les affections articulaires qui reconnaissent aussi pour cause l’hystérie, telles que la coxalgie ou d’autres ostéalgies de cettenature.

V.— Cette affection présente une origine organique dans la plupart des cas et mérite le nom d’« hystéroorganique » que lui donne alors Savill. C’est par exemple un traumatisme insignifiant et remontant à une date très éloignée. On peut comprendre cette localisation de l'hystérie sur une région du corps qui paraît plus sensible que les autres et par conséquent plus apte à la recevoir. Dans certains cas on aura peut-être affaire à ces formes d’arthralgies persistantes signalées en 1888, par un élève de M. le Professeur Poncet : M. Charles Audry.

VI. — Le diagnostic différentiel entre la tuberculose vertébrale, à son début, et le pseudo-mal de Pott présente les plus grandes difficultés. Les caractères de Ia douleur rachidienne sont surtout utiles à étudier à ce point de vue. On peut également trouver des différences dans les manifestations à distance, dans les troubles de la sensibilité et de la motilité ; mais le mal de Pott vrai présente lui-même, dans quelques circonstances, des phénomènes tout à fait analogues,

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La douleur due à l’ostéalgie de croissance peut siéger au niveau des apophyses épineuses, comme l'indique M. le Professeur Poncet, dans son article du 7raité de chirurgie de Duplay, et donner lieu, en tant que dou leur, à des phénomènes analogues à ceux que nous étudions. Dans ces cas, cependant, les troubles de la sensibilité et de la motilité que nous observons dans le pseudo-mal de Pott hystérique n’existent pas ; la douleur rachidienne ne présente pas les mêmes caractères.

Enfin, dans tous les cas douteux, on devra rechercher avec soin les symptômes qui pourraient indiquer l’existence de l’hystérie.

VII. — Le pronostic est toujours bénin en ce sens que l'affection ne met pas en danger la vie du malade. Elle guérit toujours après un temps plus ou moins long.

VIII. — Le traitement doit être celui de toutes les manifestations locales hystériques. Dans tous les cas on conseillera une immobilisation relative, des révulsifs loco dolenti, etc.; on n’oubliera pas que le mal de Pott vrai se rencontre journellement par opposition à celui que nous étudions et ainsi on ne s'exposera pas à commettre une erreur possible de diagnostic préjudi-

ciable au malade.

Vu, bon à imprimer LE PRÉSIDENT DE THÈSE, PONCET.

Vu, bon à imprimer LE DOYEN, LORTET.

Vu, bon et permis d'imprimer

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