‹ Pseudo-Mal De Pott:Chapitre 8 sur 27 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le mal de Pott est peut-être une des maladies le plus anciennement connues. Il en est fait mention dans la plus haute antiquité ; il faut arriver cependant jusqu’à Pott, en 1778, pour en avoir un tableau complet et exact. Le célèbre chirurgien anglais nous expose tous les symptômes essentiels : gibbosité, paraplégie, abcès par congestion, qui caractérisent cette affection malheureusement trop commune. On rencontre, en effet, à chaque instant cette localisation de la tuberculose sur la colonne vertébrale. Le tubercule peut envahir insensiblement le corps des vertèbres, le détruire du centre à la périphérie par un travail lent, mais sûr ; il peut parfois rester enkysté sans manifester de suite sa présence, c’est alors « le tubercule enkysté de Nélaton », ou bien,

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comme un ulcère rongeant, détruire de proche en proche et rapidement le tissu osseux. Quelle que soit, au point de vue anatomo-pathologique, la marche de la maladie, on trouvera à l’autopsie des lésions organiques évidentes.

Les symptômes de l'affection se présentent aussi avec une assez grande netteté. Au début, le malade se plaindra d’une douleur au rachis, d’une douleur à distance suivant le trajet d’un cordon nerveux: au cou, à l’abdomen, sur le thorax ou les membres ; d’une sensation de fatigue à la suite d’un effort un peu prolongé ; il tiendra sa colonne vertébrale raide et, tôt ou tard, se produira la gibbosité qui mettra hors de doute le diagnostic. Parfois, même avant la production de cette déformation rachidienne, seront survenus des troubles de la motilité et de la sensibilité dans les parties du corps situées au niveau ou au-dessous de la lésion, quelquefois dans les parties situées au-dessus. A une époque quelconque de l'évolution, l’abcès par congestion se produira. En un mot, le chirurgien verra se dérouler sous ses yeux le tableau bien connu de la symptômatologie du vrai mal de Pott, que nous n’avons pas la prétention de retracer ici.

On peut rapprocher du mal de Pott vrai, un faisceau de manifestations hystériques dont l'ensemble simule, au point de vue des symptômes seulement, la tuberculose vertébrale : c’est ce que nous entendons par pseudomal de Pott hystérique. Cette expression paraît tout d’abord quelque peu hardie et nous avons rencontré des médecins qui n’admettent pas que des phénomènes hystériques puissent revêtir le masque du mal de Pott.

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À d’autres, nous avons entendu dire que la grande névrose peut simuler toutes les maladies ; et il est bien probable que ces derniers sont dans le vrai. Pour arriver à croire, en effet, à l’existence de l’entité morbide que nous nous proposons d'étudier, il suffit de parcourir la pathologie en général, et de constater quelle place y occupe l’hystérie, dont le cadre s’étend tous les jours de plus en plus. Le diagnostic différentiel des affections les plus diverses et les plus variées doit toujours envisager aujourd'hui, en quelque sorte fatalement, l'hypothèse d’une hystérie latente possible. La plupart des appareils, on peut même dire tous, ont payé leur tribut à la simulation hystérique. Du côté du cœur, on trouve l’angine de poitrine, la cardialgie hystérique ; du côté du poumon, la toux, la pleuralgie, les hémoptysies et même la tuberculose ; dans l’appareil digestif on a de l’entéralgie, de la gastralgie, des vomissements, des hématémèses. du péritonisme, dus à cette névrose ; du côté des organes des sens, la surdité, l’amaurose. Le mutisme hystérique est une chose bien connue. Beaucoup d'éruptions de la peau, d’œdèmes, n’ont pas d'autre cause. Les affections du système nerveux peuvent également être simulées ; ainsi la méningite, la chorée, le tabes, la paraplégie, lhémiplégie, la monoplégie. Enfin, c’est surtout pour les lésions articulaires que l’on rencontre les plus grandes difficultés de diagnostic et il n’est pas de cliniciens qui n’aient été à même de constater des arthralgies d’origine hystérique, telles que la gonialgie et surtout la coxalgie. Pourquoi, dès lors, des manifestations de l’hystérie

ne se produiraient-elles pas aussi bien sur les articu-

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