ANATOMIE PATHOLOGIQUE
L'étude anatomo-pathologique de la psoïtis primitive se résume à l’étude de l’épanchement purulent, qui se forme à l’intérieur de la gaine du psoas.
Les constatations faites au cours de l’intervention nous permettent de conclure que c’est le plus souvent un abcès collecté, mais mal délimité.
Il est presque toujours unilatéral, droit ou gauche.
La quantité de pus qu’il contient varie, selon les cas, de 20 à 100 cc, rarement plus. Pourtant, COHEN-SOLAL cite un cas où il y avait fonte cavitaire totale du psoas iliaque. Le pus est épais, jaune verdâtre, bien lié; parfois il renferme du sang.
Dans les cas avancés, le pus peut rompre la gaine iliaque et se répandre dans les régions voisines. Il peut arriver ainsi jusqu'à la loge rénale ou même jusqu’au diaphragme, ou encore descendre en bas et sortir à la surface, au niveau du triangle de Scarpa, après amincissement de
la peau. Il peut aussi arriver à la région fessière ou périnéale.
Il y a peu de données nécropsiques, car les cas de morts sont exceptionnels.
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ETIOLOGIE - PATHOCENIE
Les avis des auteurs sur la primitivité des psoïtis sont très discutés. Certains pensent que la psoïtis primitive n'existe pas et que la lésion primitive est seulement très difficile à trouver: « La difficulté de trouver une cause ne doit pas faire penser à son absence » (FIGARELLA).
D’autres, au contraire, considèrent toute psoïtis comme primitive, si aucune lésion de’voisinage n’a pu être décelée. Toute une série d'observations démontrent que la psoïtis primitive est une affection relativement fréquente.
En se basant sur toutes ces différentes observations, nous pouvons constater que la maladie survient presque exclusivement chez l’enfant et l’adolescent. L'âge varie entre 2 et 16 ans. Elle atteint plus souvent les garçons que les filles, et le côté gauche est aussi fréquemment atteint que le droit. La psoïtis bilatérale est rare.
Les microbes que l’on a trouvé dans le pus sont presque toujours les staphylocoques dorés. Dans des cas rares, on a vu le streptocoque, le bacille d’Eberth et le pneumocoque causer la suppuration du psoas.
A l'origine de la psoïtis on trouve très souvent le traumatisme. Il est direct, comme un coup de pied dans la fosse iliaque, ou indirect, comme une chute, un effort qui produit une contraction violente du psoas. Parfois c’est une fièvre éruptive ou une infection pulmonaire qu’on trouve dans Îles antécédents. Très souvent, on signale la présence des lésions superficielles cutanées. Mais il y a des cas où aucune porte d’entrée n’a pu être trouvée.
La pathogénie de cette affection est très discutée. De nombreuses hypothèses ont été émises.
INGELRANS et MINNE expliquent la localisation de lin-
fection au niveau du psoas de la manière suivante : un traumatisme au niveau du psoas crée un hématome qui est un excellent milieu de culture pour les microbes. Ceuxci sont apportés par des lymphatiques des membres inférieurs si souvent atteints des lésions cutanées superficielles. Donc, la psoïtis serait consécutive à une lymphangite et adénite iliaque.
Dans les observations de ROLLAND, le traumatisme ne peut être incriminé et même, dans un cas, aucune porte d'entrée n’a pu être trouvée. Il pense que l’infectior in: tale peut siéger à distance du psoas et que les germes parfois venus de loin peuvent coloniser dans la gaine du muscle. L’infection peut se faire par voie sanguine.
Benü RACZz pense que si les troubles circulatoires, dus à l’activité exagérée et à la fatigue du muscle, sont déjà une cause suflisante pour la fixation et le développement des microbes, il est aisé de comprendre que l’hématome formé après un traumatisme leur soit encore plus favorable. Quant aux microbes, ils existent toujours sur la peau ou dans la cavité bucco-naso-pharyngée, mais l'infection peut se faire aussi à partir du tube digestif, des voies urogénitales et des processus inflammatoires du système lymphatique et sanguin.
De tout ce qui a été dit nous retenons que le muscle psoas est un muscle de structure fragile et de vascularisation abondante. Sous l'influence du traumatisme, un hématome se crée dans le muscle. Cet hématome peut être infecté par les germes qui se trouvent dans l’organisme, par voie sanguine ou lymphatique, ou bien ces germes peuvent venir du dehors par suite des lésions cutanées superficielles. Ils sont véhiculés par les vaisseaux lymphatiques, arrivent dans ies ganglions inguinaux. De là, l’inflammation s'étend aux ganglions du psoas.