SCENE IV
I.ARBALESTRIER, va au-devant des arrivants et les ramène. Erfeksen porte une brochette de décorations provincialement visible.
Mesdames, j'ai l'honneur do vous présenter Monsieur Gorm Erfeksen. (A Erfeksen) Mon illustre ami, Madame la baronne d'Auvilliers, Madame Irène Girard, deux des meilleures •et, comme vous le voyez, des plus séduisantes compagnes de ma vie.
ERFEKSEN, un peu compassé, fort accent analogue au Tudesque.
Le sauvage insulaire que je suis. Mesdames, est infiniment heureux de pouvoir raffiner son apprivoisement dans votre compagnie. Vous daignerez l'excuser si, étant à ce point étranger, il vous paraît parfois étrange, et s'il manie lourdement, à l'Islandaise, la langue par laquelle il essaie de vous témoigner son respect et sa joie d'être en votre présence.
40 PSUKÈ
CHABREVIÊRE, bas à Irène.
Il VOUS trompe. Il connaît notre langue comme un russe, c'est-à-dire, mieux que nous. Il y a l'accent, c'est vrai, mais excellent vin dans un récipient barbare; comme qui dirait du Chambertin en cruchon.
M"^« D'AUVILLIERS, à Erfeksen.
Soyez sans crainte, Monsieur. Les femmes se sentent toujours petites filles devant les hommes célèbres, et prêtes à tout admirer en eux.
MICHEL, à Irène.
Est-il décoré, hein î
IRÈNE
Bah ! La décoration se colle aujourd'hui sur un homme comme un timbre-poste sur une lettre; peu importe le contenu: c'est pour circuler plus facilement.
Chabrevière et Korsor ont salué et baisé la main aux dames.
CORNÉLIUS à LARBALESTRIER.
Cher Monsieur, je m'excuse d'apparaître