‹ Psukè; dialogue pour le théatre en un acte et neuf scènes. FrontChapitre 21 sur 71 · SCÈNE rv · texte numérisé non relu

SCÈNE rv

ERFEKSENi rinterrompant, toujours compassé.

C'est moi le coupable et c'est à moi de m'excuser. Monsieur Cornélius von Praadt m'a entretenu tantôt de choses si savantes et si profondément intéressantes sur les origines de la Légende dont j'ai fait ma pièce, que je l'ai retenu malgré ses efforts et que je l'ai amené, pensant que si la Fortune offre une occasion pareille, il y aurait crime à la laisser échapper.

LARBALESTRIER, serrant la main à Cornélius.

Et VOUS avez bien fait, Monsieur von Praadt, en montrant une toile confiance en mon hospitalité. Vous êtes le bienvenu, vous et la Science qui toujours vous accompagne.

ERFEKSEN, debout, les autres hommes assis ou debout.

Je disais à ces Messieurs qui ont eu l'amabilité de me faire la conduite, que la belle nuit qui règne au dehors me rappelle celle si longue de mon froid Pays : un gel silencieux qui semble ne devoir jamais finir et qui force le cerveau à se blottir en lui-même. Et alors, immobile, on pense au Mystère, qui, pour

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nous, fils de la nuit, dans notre bout du Monde, tient encore une si grande place parmi les rêves. Les pensées, comme les corps, ont leurs latitudes. Je suis là-bas sous un climat moral différent.

KORSOR.

Un climat de noctambule ?

ERFEKSEN.

La nuit est pour vous le temps du quotidien repos. Vous l'esquivez par le sommeil.

MICHEL

Ou par l'amour. C'est drôle que cette chose se fait de préférence la nuit. Les naissances aussi dit-on. Par corrélation apparemment.

ERFEKSEN.

Pour nous, la nuit est aussi, forcément, un temps de réveil et de vie.

IRÈNE

Comment est cette Islande, Monsieur? Je ne la vois qu'ainsi qu'elle m'apparaît figurée sur les cartes : une grosse poule qui couve, levant son petit cou, les plumes hérissées en caps et en fîords ! Où y habitez-vous?

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