SCÈNE VI
KORSOR, cris de marchand ambulant.
Crustacés ! Coquillages ! Fruits de la mer l <Voix naturelle) OÙ découvrir des tons plus délicats et plus nuancés pour la palette I
CHABREVIÈRE.
On me trouvera peut-être un peu insistant, mais j'ai encore un doute à soumettre à Monsieur Erfeksen. L'Atavisme...
MICHEL, explosant et goguenard.
C'est ça l Finissons par l'Atavisme I J'attendais cette vieille connaissance! Je m'étonnais de ne pas l'avoir vu apparaître. Est-ce qu'on ne dira rien du Struggle for life ? Ce serait, pourtant,siàpropos de montrer qu'il ne détruit pas les âmes incorruptibles mais seulement les pauvres corps mal fabriqués. Mesdames, préparez-vous à cette nouvelle jouissance ! on ne vous avait pas suffisamment saturées. Et quand je pense que ceci se passe en pleine nuit! Ces nuits qu'on pourrait si agréablement utiliser ! Ces nuits dont Sophie Arnould, aussi subtile courtisane que magnifique comédienne, disait que c'est le seul temps bien employé de la Vie !
114 PSUKE
M^ne d'AUVILLIERS, riant.
Parlez pour VOUS, Messieurs! Que de femmes sont d'avis que c'est plutôt le temps des corvées. — Chabrevi ère, allez-y donc de votre objection.
CHABREVIÈRE.
Oh! c'est bien simple et ce sera court. Il n'est pas douteux que les descendants reproduisent physiquement et moralement des qualités, des défauts, des allures de leurs ascendants ? Comment concilier ceci avec la doctrine du germe vital impérissable, distinct du corps, immuable et non interchangeable, qui serait, lui, l'agent des incarnations nouvelles de nos individualités ?
LARBALESTRIER.
Très forte, très ingénieuse, cette observation, Chabrevière... pour un journahste. Où, diable prenez-vous tout ça ?
ERFEKSEN.
Messieurs, ce serait trop de bonne fortune si je pouvais tout expliquer et tout résoudre. Je vous ai dit qu'en ceci je me laisse aller plutôt aux poussées d'un instinct qu'à une dialectique de logicien et de géomètre.