SCÈNE VI
MICHEL, à part à Diana.
Ce roublard d'Anthime Chabrevière va avoir son article tout prêt pour sa Reviie des deux Hémisphères. Erfeksen le lui fait sans s'en douter.
DIANA, de même.
Que font, dans le monde, les journalistes, ces pauvres, si ce n'est la quête et la collecte pour leurs articles et pour leurs mots ? Ce sont des percepteurs de contributions indirectes.
CORNÉLIUS, à Erfeksen.
Puis-je, Monsieur, essayer répondre pour vous ? Des idées me viennent. (A tous) Etant donné le mécanisme de la génération humaine, le germe vital trouve comme premier milieu où il va fonctionner pour se créer sa nouvelle enveloppe, le corps des parents. N'est-il pas naturel que son travail constructeur soit fortement influencé par ce premier appoint et ce puissant voisinage dont partout il sent le contact, dans lequel il baigne et est submergé. Les corps de ces parents euxmêmes qui influent sur le travail corporificateur de l'âme, furent influencés par les milieux
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auxquels il fallut les adapter. Nous sommes considérablement grevés d'organes désormais superflus et de gestes maniaques qui ne sont explicables que par l'hypothèse de ces contingences antérieures. Mais, au fond, chaque âme obéit sans doute au commandement de son espèce, et si elle ne l'exécute pas ponctuellement c'est parce qu'elle subit des obstacles extérieurs.
ERFEKSEN.
En d'autres termes, d'après vous, les similitudes ataviques proviendraient des ambiances matérielles aux premières heures de la vie, et non de l'âme. On ne nie plus la grande influence sur le fœtus de l'ivresse du père, état essentiellement matériel et passager. De là proviendrait aussi, en cas de croisement, que parfois, dans le corps d'une race semble se débattre une âme d'autre race.
IRÈNE, avec animation.
Et peut-être l'âme d'un sexe dans le corps d'un autre sexe. Je vois ! je vois! Monsieur von Praadt. Votre façon de dénouer le nœud