SCENE VII
ERFEKSEN, en rêverie, avec une lenteur
mélancolique.
Ah! ces figures historiques soudainement évoquées! Nous voici tous reliés au passé. Il est plus réel qu'on ne pense, ce monde des fantômes qui jadis furent des vivants. Il revient en nous comme des corps de naufragés à la surface des eaux nocturnes. Parfois, là-bas en Islande, j'ai cru voir leurs faces livides se coller, dans l'obscurité, aux vitres des fenêtres comme s'ils étaient anxieux de voir, à la lueur du foyer mourant, ce qui se passe maintenant aux lieux où ils vécurent et quelles enveloppes nouvelles ont revêtu les âmes irréductibles dont jadis ils furent les gaines.
La table, ses convives, ses lumières deviennent insensiblement fantomatiques dans l'obscurité, mais sans disparaître tandis que dans le grand panneau vide