‹ Psukè; dialogue pour le théatre en un acte et neuf scènes. FrontChapitre 63 sur 71 · SCÈNE vn · texte numérisé non relu

SCÈNE vn

du fond, apparaît peu à peu, une autre table, en tout semblable à la première, mais où sont les personnages historiques attribués cx)mmc antécédents aux personnages réels, figurés tous en costumes de leur temps. Korsor toujours debout, Cornélius en Scaliger.

La conversation continue comme si de rien n'était,de manière qu'il semble que c'est à la seconde table qu'elle a lieu maintenant.

IRÈNE (Marie Stuart).

Vraiment je sens comme une hallucination

qui me transpose en un autre temps, et me

revêt d'une autre individualité. Ainsi va-t-il

quand on est pris dans les prestiges du rêve.

KORSOR (Jérôme Bosch), debout, au fond.

Je vis souvent une vie factice, avec des masques, dans un pays inconnu qui pourrait bien être le royaume du Carnaval.

ERFEKSEN (Barde Islandais).

Quelle part le souvenir de nos incarnations antérieures a-t-il dans nos songes ? L'homme a cru et croit encore que tout n'y est pas

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arbitraire création du sommeil. Il y voit des pressentiments et des réminiscences. Il rattache ce phénomène obscur à l'activité inconsciente de l'âme, ou à la malice des démons.

LARBALESTRIER (Charles-Le-Téméraire).

Toujours ces préoccupations orgueilleuses -et acharnées de l'impénétrable et de l'insondable ! Toujours ces curiosités qui se penchent sur l'abîme où l'on n'entre que par la Mort!

M™« D'AUVILLIERS (Marie-Thérèse).

L'obstination à vouloir connaître ces profondeurs, l'âpre obsession de ce qui s'y cache, n'est-ce pas un signe que nous y vivons encore comme déjà nous y avons vécu ; et que tout borner pour nous au court tronçon de notre passagère vie actuelle est faux? Le total est si étroitement lié dans le monde que les retentissements, les vibrations se prolongent, sans doute, au-delà de ce que peuvent découvrir nos sens. Est-ce un sophisme que de dire: Si j'y pense tant, c'est que cela est?

CHABREVIÈRE (Diderot).

Pour être prudents, disons plutôt : Si j'y pense tant^ c'est qu'il y a quelque chose.

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