‹ Psukè; dialogue pour le théatre en un acte et neuf scènes. FrontChapitre 68 sur 71 · SCÈNE VUI · texte numérisé non relu

SCÈNE VUI

IRÈNE

L'Humanité en accepte la criminalité. Nous portons cela en nous comme une de nos énergies latentes les plus incompressibles. Vos clameurs ne sauraient faire en nous le désert, ni nous contraindre à « l'afireuse manie de la certitude absolue ».

LARBALESTRIERi s'animant.

C'est de la candeur ! Candides vous êtes, mes hôtes, autant que tous les autres fabricateurs de systèmes, incapables, en leur infirmité pédante, de supporter un Univers sans programme et sans réglementation supérieure, alors, pourtant, qu'il est grandiose de le croire un cyclone qui souffle où il veut. Vous avez besoin de mettre dans vos inquiétudes l'opium d'une croyance. Vous perdez terre dans vos ratiocinations. Vous avez et vous exercez la faculté du faux. Qu'est-ce que c'est que tous ces dieux et ces paradis saugrenus, ces âmes et ces germes, ces avatars et ces métempsychoses, ces punitions et ces récompenses? Des solidifications historiques de la bêtise humaine! Tout cela, Chinois, Hindous, Juifs, Chrétiens, Philosophes, Rêveurs, Prophètes,

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Poètes, sans compter les Peaux-rouges avec leur ciel peuplé de gibier, les Esquimaux qui l'encombrent de phoques, les Arabes qui y mettent le lupanar des houris autorisé et surveillé par la police céleste, les Océaniens qui y dansent tout le temps, les Birmans qui y cultivent le riz, les guerriers Scandinaves qui s'y battent et s'y soûlent, ce sont des fantaisies enfantines, ou des élucubrations de philosophes plus enfantins que les enfants. Théories « farcesques » eût dit Montaigne. Moi je dis malaria! L'universalité de ces absurdités ne me les rend pas plus vénérables. Vous ajoutez foi à ces fables par l'excès de votre désir de survivre, par l'excès de votre horreur du néant. Vous rusez avec vos doutes, vous marchandez avec le sinistre Inévitable.

KORSOR.

Je sais déjà ce que je ne crois plus! J'ignore encore ce que je dois croire!

LARBALESTRIER^ avec fou^çue.

Je répète que depuis le réveil de l'esprit scientifique en Europe, on a reconnu que l'idée

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