SCÈNE VIII
LARBALESTRIER.
J'ai la cervelle bourdonnante de vos propos et de vos facéties. Quel remous l Joséphin, le Café ! Voilà qui, dissipant les prestiges affolants du vin, abattra les hallucinations et les chimères.
M"« d'auvilliers.
Ah ! que je me sens bien, pelotonnée dans ce meuble à angle confortable. Assieds-toi près de moi, Irène, que je sente la fraternité affectueuse de ta main tiède et nerveuse.
LARBALESTRIER, dramatique.
Oui, ces colloques m'ont fatigué. Toutes ces paroles sont des désordres de la rêverie combinée avec des raisonnements extravagants : de mauvais mélanges.
CHABREVIÈRE.
Pourtant...
LARBALESTRIER.
Eh! laissez donc. Ambidextre, vous qui êtes chargé d'avoir des opinions sur tout pour ceux qui n'en ont pas, et de les avoir à la portée de leurs cerveaux; le journaliste n'est
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qu'un coureur de surface, un gaveur qui triture et enfonce dans le gosier des boulettes d'engraissement pour les imbéciles.
CHABREVIÈRE.
Ah ! que vous avez le vin mauvais dans la tête, quelque exquis qu'il soit dans votre cave!
LARBALESTRIER.
Devant les problèmes qu'on a remués ici ce soir, l'homme est comme un apprenti musicien maniant un instrument difficile : à peine en peut-il tirer quelques sons criards. Laissez cela et revenez à la Nature, si simple dans ses lois quoique si formidablement compliquée dans ses détails. Vos fictions absorbant votre intellectualité disponible ne vous en laisseront pas assez pour les réalités. Revenez à la Nature ! Revenez à la Nature !
IRÈNE
Mais la Nature irrésistiblement nous induit a sonder ces secrets, à faire ces suppositions et ces rêves, à bâtir ces fictions.
LARBALESTRIER, la voix haute.
Ce sont des attentats à la majesté du Mystère !