‹ Psukè; dialogue pour le théatre en un acte et neuf scènes. FrontChapitre 70 sur 71 · SCÈNE vm · texte numérisé non relu

SCÈNE vm

et copieusement franchi minuit, ce point mort de la rotation diurne. Au moment où vous allez prendre congé, je bénis le Sort de m' avoir octroyé des heures aussi précieuses.

KORSOR.

Les heures qui dansent en se moquant de nous, et jamais ne daignent s'arrêter.

IRÈNE

J'ai bu un long trait de poésie, de science, d'histoire..., d'effroi et de tristesse. Vous avez ennobli nos oreilles, enrichi et inquiété notre entendement. Oui, même vos plaintes, vos railleries, vos imprécations... et vos blasphèmes, furent une âpre et rare tranche de vie.

M"'« D'AUVILLIERS, soupirant.

Ah ! si tout cela avait été accompagné d'un peu de musique, l'enchantement, l'apaisement, peut-être, aurait...

LARBALESTRIER, étonné.

Mais vous en avez entendu tantôt... venant de je ne sais où.

MICHEL

Je te répète que tu as rêvé cela, mon bon. Acompte sur la démence ! Elle te guette, elle te guette !

GORM ERFEKSEN, rêveur.

La musique qui, dans le brouillard des méditations obscures fait pénétrer la tiède lumière de ce pâle et doux soleil, le sentiment ; qui, comme le vin, suscite l'ivresse, et opère le miracle de délivrer en nous les forces mystérieuses de l'âme d'ordinaire engluées dans la matière.

IRÈNE, alternant.

Philtre puissant qui, passagèrement, nous idéalise et fait tourner sur leurs gonds les portes du paradis des rêveries ou des vaillances. J'aime la sentir, près de moi dans le travail et dans la douleur. Oui, il nous en eût fallu ce soir. Il nous en faudrait maintenant.

I^jme d'auvilliers.

Il en faudrait toujours ! Au moins en sourdine. Vous soignerez cela, une autre fois, mon ami, vous qui connaissez la belle voix pathétique d'Irène. Elle eut dû chanter. — Allons, au revoir! Partons, partons!

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