‹ PsychéChapitre 1 sur 128 · Le dîner avait lieu alors entre midi et deux heures · texte numérisé non relu

Le dîner avait lieu alors entre midi et deux heures

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et, après le repas, on va s'installer dans une grotte, où Polyphile fait à ses amis la lecture de ce qu'il a écrit. Le récit, souvent interrompu par la description des beautés naturelles qu'ils ont sous les yeux, ou par des réflexions et des dissertations auxquelles donnent lieu les incidents de l'histoire de Psyché, ne se termine que le soir, et les quatre amis, aussi enchantés de leur conversation que de leur promenade, retournent à Paris par un beau clair de lune qui vient dignement couronner une magnifique journée d'été.

Nous conviendrons facilement que cette addition d'un récit moderne à la fable antique n'était pas absolument nécessaire, et que l'Amour et Psyché se trouvent quelque peu dépaysés dans le parc de Versailles. Mais on ne doit voir là qu'un indice de l'esprit de courtisanerie auquel tous les écrivains du grand siècle ont sacrifié plus ou moins. Il fallait Hatter le grand roi, et La Fontaine en trouva le moyen dans la description des embellissements de Versailles. Peut-être avait-il alors à se faire pardonner quelque maladresse, car il était bien de tous les courtisans le plus gauche, et en plusieurs circonstances il eut à reparer des infractions aux règles de l'étiquette, trop heureux quand la réparation ne venait pas aggraver la faute au lieu de l'atténuer.

Nous ne croyons pas avoir à insister davan-

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La Fontaine ne s'est pas contente d'amplifier la fable d'Apulée; il a encore voulu l'encadrer dans un récit moderne. Quatre amis. Acanthe, Ariste, Gelaste et Polyphile, «dont la connaissance avait commence par le Parnasse», ont formé entre eux une sorte de société littéraire'. L'un d'eux, Polyphile, avant écrit le récit des aventures de Psyché, veut le lire aux trois autres, pour qu'ils lui en donnent leur avis. On convient qu'on se rendra, à cet effet, «en quelque lieu, hors la ville», où l'on pourra écouter la lecture et avec moins de bruit et plus de plaisir», et l'on choisit le parc de Versailles, dont les nouveaux embellissements donneront un attrait de plus à la promenade.

On arrive donc le matin à Versailles; on visite d'abord le parc jusqu'à l'heure du dîner*,

i . M. Walckenaer pense que La Fontaine a eu ici en vue la liaison intime qui s'était formée entre Boileau, Racine, Molière et lui , et qu'il se désigne lui-même par le nom de Polyphile. M. Marty-Laveaux, qui a publié les œuvres de La Fontaine dans la Bibliothèque elzevirienne, veut bien reconnaître Racine dans le tendre Acanthe, et Boileau dans le sérieux Ariste; mais il trouve que le nom de Gelaste et le caractère que La Fontaine lui donne ne sont nullement en rapport avec ce que l'on sait de Molière.

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