‹ PsychéChapitre 2 sur 128 · Le dîner avait lieu alors entre midi et deux heures · texte numérisé non relu

Le dîner avait lieu alors entre midi et deux heures

NOTE DE L'EDITEUR vij

et. après le repas, on va s'installer dans une grotte, où Polyphile fait à ses amis la lecture de ce qu'il a écrit. Le récit, souvent interrompu par la description des beautés naturelles qu'ils ont sous les yeux, ou par des réflexions et des dissertations auxquelles donnent lieu les incidents de l'histoire de Psyché, ne se termine que le soir, et les quatre amis, aussi enchantés de leur conversation que de leur promenade, retournent à Paris par un beau clair de lune qui vient dignement couronner une magnifique journée d'été.

Nous conviendrons facilement que cette addition d'un récit moderne à la fable antique n'était pas absolument nécessaire, et que l'Amour et Psyché se trouvent quelque peu dépayses dans le parc de Versailles. Mais on ne doit voir là qu'un indice de l'esprit de courtisanerie auquel tous les écrivains du grand siècle ont sacrifié plus ou moins. Il fallait flatter le grand roi, et La Fontaine en trouva le moyen dans la description des embellissements de Versailles. Peut-être avait-il alors à se faire pardonner quelque maladresse, car il était bien de tous les courtisans le plus gauche, et en plusieurs circonstances il eut à réparer des infractions aux règles de l'étiquette, trop heureux quand la réparation ne venait pas aggraver la faute au lieu de l'atténuer.

Non.-, ne croyons pas avoir à insister davan-

vtij SOTE DE L'EDI TEUR

tage sur le plan adopté par La Fontaine. Notre devoir était de nous y conformer de notre mieux dans les gravures destinées à la présente édition, et c'est pourquoi nous avons voulu que le récit moderne y eût sa part aussi bien que le récit mythologique1. M. Emile l.evy, dans ses ravissantes compositions, a traduit la fable de Psyché avec cette grâce savante et cette erudite ingéniosité qui font de lui l'un des interprètes les plus autorises de l'antiquité, et M. Giacomelli a ete rechercher toutes les finesses les plus étudiées de son prestigieux crayon pour retracer en quelques traits les frais ombrages de Versailles dans lesquels l'auteur a cru devoir encadrer son récit. Nous espérons avoir, en associant ainsi les talents de ces deux artistes, donne une image assez fidèle de l'œuvre de La Fontaine : les amateurs nous diront si nous y avons réussi.

i . La fable de Psyché ne se composant que de deux livres, nous avons dû la diviser en cinq épisodes, en tète desquels nous avons placé les compositions de M. Emile Lévv ; la partie moderne se trouve aussi partagée par trois dessins de M. Giacomelli.

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