‹ PsychéChapitre 103 sur 128 · PS1CHÉ · texte numérisé non relu

PS1CHÉ

emplit sa cruche et s'en retourna triomphante.

Venus se douta que quelque puissance divine l'avoit assistée. De sçavoir laquelle, c'estoit le poinct. Son fils ne bougeoit du lit. Jupiter ny aucun des dieux n'auroit laissé Psiché dans cet esclavage : les déesses seraient les dernières à la secourir. « Ne t'imagine pas en estre quitte, luy dit Venus : je te feray des commandemens si difficiles que tu manqueras à quelqu'un, et pour chastiment tu endureras la mort. Va me quérir de la laine de ces moutons qui paissent au-delà du fleuve, je m'en veux faire un habit. » C'estoient les moutons du soleil; tous avoient des cornes, furieux au dernier poinct, et qui poursuivoient les loups. Leur laine estoit d'un couleur de feu si vif qu'il ébloiiissoit la veuë. Ils paissoient alors de l'autre costé d'une rivière extrêmement large et profonde, qui traversoit le vallon à mille pas ou peu plus de ce chasteau. De bonne fortune pour nostre belle, Junon etCerés vinrent voir Venusdans le moment qu'elle venoit de donner cet ordre. Elles luy avoient déjà rendu deux autres visiter

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