‹ Psyche operacomique en trois actesChapitre 28 sur 64 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PSYCHÉ, ÉROS. (iu moment où paraît Éros, une nuit soudaine envahit

la scène.)

PSYCHE

Grands dieux! quel est ce nouveau prodige?... La nuit m'environne et je ne distingue plus rien autour de moi.

ÉROS

Psyché !

PSYCHÉ

Ah!... qui m'appelle?

ÉROS

Qui êtes-vous? que me voulez-vous?

éros.

le suis votre époux, et je veux votre bonheur.

psyché.

Mon époux!

ÉROS

Pourquoi trembler? ce mot d’époux est-il donc effrayant, ou si ma voix vous fait peur?

PSYCHÉ

Non; votre voix est douce, et il me semble que je ne

PSYCHE

l’entends pas pour la première fois; mais encore faut-il que je sache votre nom et que je connaisse vos traits!... Vous vous taisez...

ÉROS

Les dieux veulent que ce nom vous demeure caché, et que ces traits vous soient inconnus.

PSYCHÉ

Quoi! cette nuit soudaine...

Ce sont eux qui la font descendre autour de moi, et qui me dérobent à vos regards!... Ce mystère même est la condition de notre bonheur ; et dans l’instant où vos yeux viendraient à le pénétrer, ce palais, ces jardins, celle vie d’enchantement et d’amour s’évanouiraient comme un rêve !

PSYCHÉ

Que dites-vous?

ÉROS

La vérité. Mais qu’importe, si je vous aime et si Vous ne me haïssez pas!

PSYCHÉ

Vous? un étranger! un inconnu!

ÉROS

Un inconnu ! ,

Duo.

ÉROS

Vos yeux n'ont-ils pas vu dans le divin mensonge De quelque songe Un jeune homme radieux,

Fier et semblable aux dieux !

Son front n’avait rien de farouche,

Et jusqu’au jour S’exhalaient de sa bouche Des mots d’amour! ’

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