SCÈNE III
DAFNÉ, BÉRÉNICE.
BÉRÉNICE
Eh bien, ma sœur, vous le voyez ! partout où Psyché daigne se montrer, la foule éblouie se prosterne à ses genoux, on effeuille des roses sous ses pieds!... on fait fumer l’encens autour d’elle !... on lui tend des brassup- . pliants I... onia traite de déesse!... C’est Vénus qui descend des cieux !
DAFNÉ, avec dépit.
Oui, Vénus en personne !... Nous ne sommes plus ici dans l’ile de Lesbos, nous sommes à Cythère.
BÉRÉNICE
A Cythère !
DAFNÉ.
Vous ne les suivez pas ?
Je déteste la foule.
BÉRÉNICE
DAFNÉ.
Et moi, j’ai besoin de prendre l’air.
PSYCHÉ
Vénus se passera de nos offrandes.
DAFNÉ.
Les présents de sa rivale lui seront, je pense, plus agréables que les nôtres.
BÉRÉNICE
Et ses prières suffiront à calmer le courroux des dieux.
DAFNÉ.
Dès demain, pour lui plaire, le ciel va prendre un air de fête.
BÉRÉNICE
Les moissons vont se redresser à sa voix.
DAFNÉ.
Les fleurs vont s’épanouir sous ses pas.
BÉRÉNICE
Et l’Olympe tout entier va descendre sur terre pour lui rendre hommage.
DAFNÉ.
Quelle gloire pour notre sœur cadette I
BÉRÉNICE
On nous prend, je crois, pour scs servantes ! — Le prince Antinoüs vous néglige déjà pour elle.
DAFNÉ.
Gorgias l’aimera bientôt plus que vous I — C’est un délire qui gagne tous les cœurs.
C’est une folie qui trouble toutes les tètes !
Duo.
ENSEMBLE
Ah ! quel affront pour nous !
Tous leurs soins sont pour elle !
• On la dit la plu» belle,
11» sont à ses gcuutii !