PSYCHÉ, MERCURE
PSYCHÉ, suivant Éros îles yeux.
* 11 s’éloigne!... Que dois-je croire?... Me suis-je donc abusée?... Non, je devine!... Ma beauté flétrie, voilà ce qui le repousse... Un reste de pitié l'a conduit vers moi mais son cœur m’est à jamais fermé !...
MERCURE, paraissant au fond sous les lialiils d'uu vieux devin.
Eh bien ! ma chère enfant, il ne tient qu’à toi de l'animer ce cœur glacé et de retrouver cette beauté perdue.
PSYCHÉ
Tu m’écoutais?
Oui, vraiment , et ta douleur m’a paru si touchante qu'il m'a pris envie d’v porter remède.
PSYCHÉ
Qui donc es-tu ?
MERCURE, s'asseyant prés de la table de droite.
Un vieux devin, ami de la jeunesse... On me nomme Tyrésias... J’habite un antre obscur, caché sous les arbres au pied de la montagne que tu vois là-bas. Les amoureux viennent souvent m’y rendre visite, et mainte jeune fille m’a conté ses chagrins. — Mon nom est aimé de tous, et chacun croit à mon pouvoir.
PSYCHÉ
Que peux-tu faire pour moi ?
MERCURE
Tout. Je sais des secrets pour rendre belle, et des philtres pour faire aimer.
PSYCHÉ
Toi?
MERCURE
Veux-tu en essayer?
Ah! merci!... (sWtam.) Mais que dis-je ! celui que j’aime est hors de tes atteintes, et la magie des hommes n'a' pas de pouvoir sur lui !
MERCURE, préscntaut un flacon à Psyché.
Quand ce serait un dieu , il n’échapperait pas à l’influence de cette liqueur.
PSYCHÉ
•Dis-tu vrai ?
MERCURE
Qu’il en boive seulement quelques gouttes, et tu le verras revenir à toi plus amoureux que jamais ! (u pose le flacon sor la table.) Pour toi, voici un fard qui té rendra toute la fraîcheur de ta beauté !... (il offre une petite boite à Psyché.) Pourquoi la repousser ?
PSYCHÉ
Hélas ! je songe que je n’ai- rien et que je ne puis m’acquitter envers toi.
MERCURE, se lovant.
■prends toujours!... Ton amant me payera plus tard, et c’est encore lui qui me devra des remercîments... Adieu! (a pan.) A l’un l’oubli ! — à l’autre. .. lavieillesse !...
(il s’éloigne en ricanant.)