ACTE III
Tl
ÉROB.
En vérité, tu me fais regretter de ne pas être cê que tu crois.
PSYCHÉ
Quoi !... tu résistes à mes larmes ! Mais j’y pense... h'es-tu pas lié par un serment terrible?... Oui, je me rappelle... En le faisant connaître à moi... tu prononcerais mon arrêt de mort, n’est-ce pas?... Eh bien! que m’importe!... Dis-moi : Je t’aime! et la mort me sera douce, si je meurs dans tes bras! Tu te tais ! tu ne me réponds pas I... Ah ! tu dis vrai, tu n’es pas Éros.
, ÉROS, à part.
Grands dieux ! je vois couler ses pleurs et je ne puis les essuyer!... (Haut.) Écoute, jeune tille, à défaut de l'amour que tu regrettes, tu trouveras en moi une amitié fraternelle ! Pourquoi me repousser ?... Un frère qui nous sauve des mains d’iîn brutal et nous protège, ne vaut-il pas mieux qu’un amant qui nous abandonne ?
PSYCHÉ
Et pourquoi me protéges-tu? Quel intérêt prends-tu donc à moi?
ÉROS
L’intérêt que prend tout homme à une belle enfant qü’il voit pleurer et qu’on maltraite.
PSYCHÉ
C’est bien , je te remercie ! (Elle lui prend la main.) Oh ! sa main me brûle !
ÉROS, & part.
Chère Psyché !
PSYCHÉ
Que dis-tu ?
Rien !
' PSYCHÉ
Ainsi, te voilà mon frère ?
■ ÉROS
Oui, comme tu deviens ma sœur.
PSYCHÉ
PSYCHÉ
Alors, embrasse-moi !
ÉROS, à part.
Ciel !
PSYCHÉ
Qu’as-tu donc? Est-ce qu'il n’est pas permis à un frère d’embrasser sa sœur?
ÉROS
Sans doute, mais...
Tu crains que ton baiser ne te trahisse, n'est-ce pas ?
ÉROS
Je te répète que je ne suis qu’un berger, et rien de plus.
PSYCHÉ
Pourquoi donc ne veux-tu pas m'embrasser ?
ÉROS, à part.
Que lui dire?
PSYCHÉ
Parle.
ÉROS
' Eh bien! c’est que j'ai une fiancée qui pourrait nous voir et qui serait jalouse.
PSYCHÉ
Ah !... c’est bien ! tu peux la rejoindre, je ne te retiens plus...
ÉROS
Tu veux que je te quitte ?
PSYCHÉ
Oui.
ÉROS-
Soit !... Si lu as encore besoin de secours, souvieiis-toi que tu as un ami.
Je ne l’oublierai pas.
ÉROS
Adieu !
PSYCHÉ
Adieu t (Éroi tVloigoa.)