‹ Psyché: poëme (volume 2)Chapitre 41 sur 68 · LA CHANSON DE L'ALOUETTE · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE L'ALOUETTE

Je suis, je suis le cri de joie Qui sort des prés à leur réveil ; Et c'est moi que la terre envoie Offrir le salut au soleil.

Je pars des chaumes blancs de brume, A mes pieds flotte un fil d'argent, La rosée emperle ma plume.

Et je la sème en voltigeant.

Je plane et chante la première Dans Tazur frais où Taube éclot ; Je me baigne dans la lumière^ Et vais me mirer dans un flot.

Ma voix est sans note plaintive^ Je ne dis rien au Iriste soir ; Je suis la chanson folle et vive De la jeunesse et de Fespoir.

Je dis au malade qui veille :

Bénis Dieu, la nuit va finir !

Au laboureur que je réveille :

Fais ton sillon pour l'avenir !

Si mon chant près d'une fenêtre Attire un couple jeune et beau.

Je répète : Le jour va naître, Laisse partir ton Roméo !

Je suis, je suis le cri de joie Oui sort des prés à leur réveil ; Et c'est moi que la terre envoie Offrir un salut au soleil.

Page 1