‹ Psyché: poëme (volume 2)Chapitre 55 sur 68 · AUX ABSENTS · texte numérisé non relu

AUX ABSENTS

Ce 9oir au bord du lac^ à Fombre^ sur la moussç^ La nature est si belle et la vie est si douce^ Cette forêt de pins murmure un chant si pur, Cetîe prairie exhale ui)e o4eur si calmante»

En tons si délicats de cette ondo dormant»

Les roses du couchs^nt on nuancé Facur;

D'un air si transpirent la montagne est baignée; Mon âme de ta paix est si bien imprégnée.

Que je ne s<Hige plus, nature, à t'admira. ^

C'est un désir plus doux qu'avec l'air Je respire 5 ^

Je cherche autour de moi des yeux h qui ^f |fî|^, Ma main cherche des |fna|ns que je voudrais serr^r.

Que ne puis-je, ô nature ! à tes autels en flammes,

Convier avec moi toutes les saintes âmes.

Avec elles goûter celt^ exiaçe à genoux !

Seul, ainsi, s'enivrer de la beauté d'un n)pnde,

C'est un bonheur impie où Tan^ertuni^ abondai

Et tout cet infini laisse du vide en nop. M*^

Cette ivresse, pourtant, je la puise en Dieu même; Maïs, pour y prendre part, où sont tous ceux que j'aime?

Mon cœur ici les nomme et |)ar^ à chacun d*eux; Jamais tant qu'à cette heure» à travers iQes nuages. Si douce leur parole,* et si doux leurs visages. If ont échauffé mon cœur et lui devant mes yeux.

La pensée a peut-être, affrontant la dislance, Des ailes pour voler vers ceux à qui l'on pense Sans se perdre à travers le monde aérien I Vous tous, absents chërig, qui manquez à ma Joie, Des effluves d'amour que mon cœur vous envoie. Ce vent et ce soleil ne voi^is portent-ils ripn?

Oîi va donc, où va donc, si nul ne le devine.

Ce qu'exhale mon sein d'émotion divine?

Pourquoi ce doux concert, s'il n'est pas entendu ?

Des plantes du désert qui respire la feuille ?

Que deviennent ces fruits que nulle main ne cueijle ?•..

Donne tous tes parfums, mon cœur, rien p'est perdu !

Vois! chaque goutte d'eau, que la terre la boive. Que le vent sur son aile en vapeurs la reçoive. Retourne à l'Océan, et s'y fnéU à son jour h. . Ainsi chaque soupir, chaque exta^ capt^^e^ Chaque larme pieuse au coin de l'oeil séchée. Vont enrichir au ciel les sources de ^ a|iiq.i|r.

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