‹ Psyché: poëme (volume 2)Chapitre 56 sur 68 · DANS LES ROSEAUX · texte numérisé non relu

DANS LES ROSEAUX

Si je brise un jour mes chaînes.

Je veux m'enfuir vers les oaux ;

300 ODfis

Mteui que les nids sur les diênes.

Mieux que les aires bautaines»

J'aime un nid dans ies roseaux.

J'aime une terre mouillée Par un lac profond et clair ; Pour tenir liàme éveillée, 11 faut que, sous la feuiliée^ Les eaux chantent avec l'aîr. .

S'il n'a point de rive humide.

Je fuis un site admiré.

Gomme un front pur et sans ride.

Mais dont l'œil serait aride Et n'aurait jamais pleuré.

La colline la plus verte^ Si l'onde n'est son miroir, Est comme une âme déserte, A qui jamais n'est ouverte Une antre âme pour s'y voir.

Otez les flots à la terre, La terre sera sans yeux.

Et jamais sa face austère.

Pleine d'ombre et de mystère, Ne réfléchira les cieux.

Dans ton cœur si qmdque chose Bat des ailes pour voler.

Désir ou douleur sans cause.

Musique ou parfum de rose Qui demande à s'exhaler;

Si tu nourris d'une flamme Le souvenir ou Tespoir, Si l'image d'une femme

Pleure ou sourit dans ton âme.

Près d'un lac il faut t'asseoir.

Écoute, si le flot chante ; Si Teau dort, regarde au fond ; Miroir où l'azur t'enchante, Écho d'une voix touchante.

Toujours l'onde te répond.

Les plaines ont l'alouette, La montagne a l'aigle roi.

Les jardins ont la fauvette ; Mais, ô lac, le doux poëte Et le cygne sont à toil

Si je brise un jour mes chaînes.

Je veux m'enfuir vers les eaux ; Mieux que les nids sur les chênes.

Mieux que les aires hautaines.

J'aime un nid C' ~ '

Amis, le temps brumeux fait les songeurs moroses ! Tout exhale l'ennui, ce soir, même ces roses; Des yeux les plus aimés le sourire a pâli ; *

Nos pensers de ce ciel ont pris la morne teinte... Mais venez ! Dans le vin cherchons 1» verve éteinte, Bl la joie, et l'espoir, compagnons de Toubli.

Une âme est dans le vin) un dieu d'humeur charmante Remplit de son esprit cette pourpre écumante;

Lui-même a teint la grappe avec son doigt vermeM; An feu de ses rayons toute ombre s'évapore ; Le vin, c'est sa lumière et sa chaleur; l'amphore Cache en ses flancs obscurs des gouttes de soleil.

Toi, par qui, d'une lèvre où le rire éUnce)le, La chanson radieuse à plus grands flots ruisseUe; ine atteste le pouvoir, onnant sur tes épaules, IX, sur nos coteaux des Gaules, ît les rubis pleuvoir !

réagit un sein d'amante, rs la terre aii loin fermente; y combinent entre eux; ( pleurs de la rosée et la sève embrasée d'un esprit généreux.

au vieil orme s^enlace; Le pampre offre aux amours, sous son ombre, une place. Près du Faune enivré la Nymphe y vient le soir; L'été voluptueux brui)^t r^r4e|[ite grappe; Puis, buvant à deux mains le doux sang qui s'échappe. L'automne au front pourpré danse autour du pressoir.

Nous, maintenant, tirons du sommeil et des ombres Ce soleil enfoui, trésor pour les jours sombres, Sévc de Céu qui vient réchauffer nos hivers.

Dans le à briller toute prêt#>

P«ut-êtr B veine secrètit,

La gaîté 3, et les beaux vers.

Partout 5 en largesse, ^

Cueillon e de la sagessr;

lyune fl « étoile aux cieux,

Du chant sacré d'un maître, ou des yeux d'une belle. De toute chose, enfin, ou dWine, ou mortelle... De ce cristal bleuâtre où rougit le vin vieux !

A table! avant d'pi^vrir la splçnneUe amphore.

Que d'habits éçlatj^nts l'amitié se décore;

Dans le plaisir de^ yeux naît ]^ charme du cœifr.

Le vin vaut i^iQux quand l'urne est dp fleurs çpuroni^ée.

Qu'en nos festins, surtout, daigne h Musie onjée

Des plus aimables dieux nous amener le chœur.

A nos graves discours que le rire entrecoupe, Qu'Aphrodite 4 PaUas vident la méma coupe; Le sage adiQet ^ussi les amours enjoués.

Amenons au banquet» charpiantes entre mille, Daphné, Glycère aux yeux d'ém^aude, et CamiUfi, Mais que leurs noirs cheveux restent toujours noués.

Glycère chantffl*a quelque foUe élégie ;

Du toit joyeux, pourtant, chassops bien loin l'orgie,

Poètes! noys avons la Ménade en horreur.

Des soupecs efirénés les Muses sont a)>sôntes(

Amis, ne feisons pas fuir les Grâces décentes;

Car, après s^ g^Ué, 1q vjn § sa fureur,

Dans l'excès de la coupe où nous trouvons la verve. L'esprit s'appesantit, le corps même s'énerve ; Un stupide sommeil gonfle la lèvre en feu.

Des hautes voluptés, nous que la soif altère. Fils de la Muse, au vin rendons un culte austère, Buvons-Je chia^tement §pus le reg^r<) d'np ^i^jj.

Le poète aime mieux l'extase que l'ivresse;

Un sévère échanson à sa table se dresse,

Il invite parfois l'amour à s'y placer;

Mais c'est pour nous dicter ses chansons immortelles;

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ÂmiS; qu'en nos banquets les ivresses soient telles Qu'Elvire ou Béatrix pourraient nous les verser.

Venez! la table est prête oîi Tamitié s'épanche; De verdoyants rameaux parons la nappe blanche^ C'est Tautel de la joie et du rire innocent; Cest là^ dans Tabandon des longues causeries. Qu'entre les luths d'ébène et les coupes fleuries Le feu sacré nous touche et que l'esprit descend.

vin! source d'amour, nous dirons tes louanges! Nous sommes ouvriers pour les grandes vendanges. Nous conduisons la bêche autour des ceps dixins; Prends-nous à ta journée, ô ma France féconde ! Toi qui, pour le salut ou la gaîté du monde, Fais couler tour à tour ton sang et tes bons vins.

A l'œuvre, tous à l'œuvre et pi Bras d'acier du soldat, bouche A l'œuvre les marteaux, les so De froment et de miel que les Et vous, sculpteurs, à qui les i Ciselez dans l'or pur la coupe <

Gravez sur ses contoui's les exploits de l'épée; Des géants paternels chantez-nous Tépopée, Dites leur sang versé, leurs travaux, leurs douleui*s; Tracez-nous le tableau de l'héroïsme antique; Faites-nous voir, aux flancs de l'urne pacifique. L'âge des grands combats déroulés sous des fleurs.

A ceux donc qui sont morts, soldats ou capitaines. Pour un bonheur promis à des races lointaines. Ce calice doit rendre un hommage éternel; Qu'il fasse, amis, le tour de la cité des hommes. Et qu'enchaînés de cœur, comme ici nous le sommes. Tous boivent à la ronde un nectar fraternel 1

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