BÉNÉDICTION SUR LA MONTAGNE
Aimant de la nature et de la poésie Le sublime entretien.
Nous la ferons parler à la Muse attentive
Qui se cache aux déserts; Réveillant sous ses pas Fécho qui nous arrive
Des célestes concerts.
Dans les genêts en fleurs, seule et toute-au silence,
Au coin des bois rêvant.
Elle entendra les airs qu'a chéris son enfance
Dans le souffle du vent.
Nous saurons deviner sa plus douce chimère
Et ses penchants secrets ; Si bien qu'elle oubliera le pays de sa mère
Dans tes chères forêts.
Puis tout dans ces beaux lieux où ta chaste jeunesse
Verdit sous notre loi, Lessom'ces, les rochers, les vieux chênes, sans cesse.
Lui parleront de toi.
Nous avons recueilli, précieuses reliques,
Les fleurs de ton printemps, v Larmes et cris joyeux, rêves mélancoliques
De ton cœur de vingt ans.
De ces élans vers Dieu, vei^ Tamante éternelle.
Nous n'avons rien perdu; Nos sommets ont gardé tous ses trésors pour elle
Tout lui sera rendu, '
Ici, pas de sentier, de ravin et de cime.
Pas de source et de fleur,
Qui n*ait reçu de toi sa confidence intime .De joie ou de dc^uleur.
Rôvant déjà du del. tout enfant, sous ces hêtres
Tu venais te cacher; Tu bâtis cet autel ; les os dQ tes ancêtres
Dorment sous ce clocher.
L'amitié te faisait ses adieux pleins de charmes
Au bout de ce chemin* Ce bois t*a tu sourire, et cet autre a de larmes
Mouillé ta forte main.
Plus celle qui t'est chère aimera nos retraites
Et xivra parmi nous, Plus elle comprendra les menreilles secrètes
De ton cœur grave^et doux.
Car ton ftme puissante est faite à notre image ;
L'ange de ce beau lieu De notre intime sève a nourri ton jeune âge
Sous le regard de Dieu.
Si ton livre aux penseurs enseigne les mystères
De l'hymen des esprits, G*est qu'en nos entretiens^ sous ces forêts austères^
Tu les avais appris.
Ta main piétrit chez nous tes robustes ouvrages
Du granit des sommets.
De la moelle du chêne et du feu des orages
Qui ne dorment jamais.
Tout homme simple et droit, et dont le cœur écouté Tes hauts enseignements,