STROPHE
Emportez le fils de Cybèle Sur rida, dans un anlre vert ; Cachez sa royauté nouvelle Dans le sein fécond du désert !
Dépouillez vite, ô Gorybantes, La pourpre des robes tombantes^
Dansez sur un mode effréné I Que la terre de sang rougie Trompe par une sainte orgie Les yeux de l'Olympe étonné î Tambours, cymbales et cantiques.
Etouffez sous tos bruits mystiques Les cris du dieu qui nous est né !
antistrophe.
Assis sous un ciel taciturne,
La mort et l'ennui sur le front.
Là-haut, veille le noir Saturne,
Dans la peur de ceux qui naîtront.
Sa vieillesse au trône obstinée
Croit éluder la destinée
Qui nous promet un roi plus doux ;
Aveugle en sa faim parricide,
11 fait, auprès d'un berceau vide.
Crier dans ses dents les cailloux ;
Et sur chaque mère féconde.
Sur chaque enfant qui vient au monde,
11 darde un œil sombre et jaloux.