HOROSCOPE
Sur le chevet des jeunes filles, Si les Péris venaient encor Toucher leurs filleules gentilles Avec une baguette d'or;
Le soir^ dans la flamme bleuâtre^ Si les Follets et les Lutins Dansaient sur les chenets de r&tre^ Au son des grelots argentins;
Si Ton voyait sortir Morganc Du lis et du camélia^ Et sur les branches de liane Se balancer Tilania;
Si de Tair les joyeuses reines, Aux yeux des pères fortunes.
Se penchaient encor, les mains pleines.
Sur le berceau des nouveau-nés;
Enfant! vous auriez des corbeilles D'émeraudes et de rubis; Vous auriez des robes vermeilles Faites pour vous par les Trylbis;
Des oiseaux d'or et d'écarlate Pour vous endormir chanteraient, Et dans une conque d'agate Les Sylphides vous berceraient !
Hélas ! les Péris étouffées Sont mortes depuis six cents ans.
Et l'on n'invite plus les fées Pour le baptême des enfants !
Mais il est d'amoureux génies, "
Parlant un langage inappris, Qui soumet à leurs voix bénies Le peupfe immense des esprits.
Ils ont le secret des puissances; Les astres sont leurs familiers :
Us vont dérober les essences Au fond des divins ateliers.
Us moissonnent partout en maîtres ; La terre s'émeut sous leurs mains :
Us se mêlent avec les êtres En de mystérieux hymens.
Ils montent avec la fumée Dans Tair diaphane et vermeil ; Sous la mer de forêts semée , lis plongent avec le soleU.
Us se bercent avec Técunie Sur les lacs et les océans ; Us s'étendent avec la brume Sur la crête des monts géants.
Us circulent avec les sèves Dans les fentes Qt les sillons ; Avec les brises sur les grèves.
Dans réther avec les rayons.
Us enchaînent avec leurs charmes L'âme des fleurs et des oiseaux ; Us font germer les blanches larmes Sur la tombe et sur les berceaux 1
Us vous aiment, petite fille !
A vous les présents les meUleurs :
Car vous êtes de la famille.
Et votre père est un des leurs.
Enfant ! toutes les créatures * Auront des sourires pour vous; Toutes les sources seront puises.
Et tous les hommes seront doux.
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Les boutons d'or naîtront dans Therbe Des prés que vous aurez foulés ; Si Yous dormez sur une gerbe^ Les épis seront centuplés.
L'eau des marais sera limpide Si Yous y trempez votre main*; Si vous pleurez sur un nid vide , L'amour le peuplera demain.
Les fleurs braveront les gelées Dans les jardins par vous plantés; Avec les brises des vallées Vos airs vivront si vous chantez.
Le soleil dorera \08 tresses; Enivrant vos sens ingénus^ Le vent vous fera des caresses ; L'onde baisera vos pieds nus.
Yous aurez^ la nuit^ sans mystère > Des entretiens pleins de douceur ; Vous direz au bouvreuil : Mon frère 1 Le rosier vous dira : Ma sœur !
Aux êtres vous serez unie Par des liens doux et puissants.
Aux oiseaux par leur harmonie;.
Comme aux plantes par leur encens;
A l'azur par la transparence, Au jour par la tiède clarté ; Aux bons anges par l'innocence.
Aux hommes par la charité !
Car sur votre tête rosée Un poète, écartant le lin,