‹ Psyché: poëmeChapitre 47 sur 52 · AUX ABSENTS · texte numérisé non relu

AUX ABSENTS

Ce soir au bord du lac^ à Tombre, sur la mousse^ La nature est si belle et la vie est si douce^ Cette forêt de pins murmure un chant si pur^ Cette prairie exhale une odeur si calmante^ En tons si délicats de cette onde dormante Les roses du couchant on nuancé l'asur;

D'un air si transparent la montagne est baignée; Mon âme de ta paix est si bien imprégnée^ Que je ne songe plus^ nature, à t'admirer.

C'est un désir plus doux qu'avec Tair je respiré^ Je cherche autour de moi des yeux à qui sourire, Ma main cherche des mains que je voudrais serrer.

Que ne puis-je^ ô* nature ! à tes autels en flammes^ Convier avec moi toutes les saintes âmes^ Avec elles goûter cette extase à genoux !

Seul^ ainsi^ s'enivrer de la beauté d'un monde. C'est un bonheur impie où l'amertume abonde/ Et tout cet infini laisse du vide en nous.

Cette ivresse, pourtant Je la puise en Dieu même; Mais, pour y prendre part, où sont tous ceux que j'aime?

Mon cœur ici ]es nomme et parle à chacun d'eux; Jamais tant qu'à cette heure, à travers mes nuages. Si douce leur parole, et si doux leurs visages. N'ont échauffé mon cœur et lui devant mes yeux.

La pensée a peut-être, affrontant la distance. Des ailes pour voler vers ceux à qui Ton pense Sans se perdre à travers le monde aérien !

Vous tous^ absents chéris, qui manquez à ma joie, Des effluves d'amour que mon cœur vous envoie. Ce vent et ce soleil ne vous portent-ils rien?

Oïl va donc, où va donc, si nul ne le devine.

Ce qu'exhale mon sein d'émotion divine?

Pourquoi ce 4oux concert, s'il n'est pas entendu ?

Des plantes du désert qui respire la feuille ?

Que deviennent ces fruits que nulle main ne cueille ?...

Donne tous tes parfums, mon cœur, rien n'est perdu !

Vois! chaque goutte d'eau, que la terre là boive. Que le vent sur son aile en vapeurs la reçoive. Retourne à l'Océan, et s'y mêle à soti jour!... Ainsi chaque soupir, chaque extase cachée.

Chaque larme pieuse au coin de l'œil séchéei Vont enrichir au ciel les sources de l'amour.

VU

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