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AVANT-PROPOS

Le lecteur ne trouvera pas, dans ce livre, d'autre définition de la psychiatrie que celle renfermée dans la dénomination positive qui lui sert de titre, clinique des maladies du cerveau antérieur. Le mot historique de psychiatrie, en tant qu'il s'agit des choses de l'âme, se rapporte à ce qui n'est pas simplement acte et n'appartient pas aux faits d'observation, purement physiques.

S'il fallait désigner, par une dénomination fonctionnelle, la clinique des maladies du cerveau antérieur, le mot le mieux adapté serait, incontestablement, « maladies de l'esprit » (Geisteskrankheiten). J'ajoute, pour éviter toute erreur possible, qu'on pourrait considérer l'essence des images comménioratives, abstraction faite de leur origine dans des excitations sensibles extérieures, comme des images sensorielles décolorées. Dans cet ouvrage, on verra que le cerveau antérieur n'est pas capable de former de phénomènes hallucinatoires et que — dans son matériel de fonctionnement, c'est-à-dire, les images commémoratives — il n'existe pas même l'ombre d'une couleur, d'un caractère sensible et, par conséquent, que le mot, signes commémoratifs, serait plus exact. Dans l'image commémorative du soleil le plus éclatant, de la détonation la plus terrible de la foudre, il n'y a pas un atome de la

IV AVANT-I>ROPOS.

lumière d'un ver luisant ou du bruit d'un cheveu tombant à la surface de l'eau. Eh bien! quelle expression convient mieux, dans la langue, que le mot « spirituel » (geistig) pour désigner des phénomènes dépourvus de toute réalité sensible?

Ce fait — le plus grossier de l'activité du cerveau antérieur — marque la distinction entre la partie abstraite et la partie sensible des représentations, cette dernière disparaît et reste exclusivement reléguée dans l'impression extérieure. Or, celle-ci trouve ses centres fonctionnels dans des parties de l'encéphale situées plus bas que le cerveau antérieur. Le cerveau antérieur, c'est simplement l'écorce car les éléments conducteurs du cerveau antérieur, en tant que cylindre-axes, ne sont que des prolongements des cellules corticales, parties constitutives de l'écorce même. Les portions de l'encéphale qui reçoivent les impressions des sens et ménagent des mouvements réflexes, dans le sens le plus large, forment vis-à-vis de l'écorce un opposé, les centres sous-corticaux. Or, cette opposition se manifestera également dans toute la série des excitations et, dans les maladies de l'esprit, on trouvera là, une clef pour l'interprétation du jeu anormal du mécanisme cérébral.

Je n'ai jamais eu et n'ai pas encore un vif désir de publier, et si je le fais c'est, malgré la riche littérature psychiatrique, pour répondre à un besoin scientifique. Chaque doute sur la maturité d'une idée qui sert de base à cet écrit, m'a arrêté et interrompu, demandant des éclaircissements, à de nouvelles épreuves scientifiques et à de nouvelles réflexions. Ainsi, ce livre commencé en 1877, ne paraît que longtemps après! Le titre de cet écrit suflit à indiquer les bases de ma conception clinique. Mon intention est de chercher l'interprétation des maladies du cerveau antérieur dans l'anatomie, la physiologie et la nutrition de l'organe, sources de tout progrès dans le développement de la science clinique. Bien des données qui, dans la psychiatrie, jusqu'aujourd'hui trop subjective, ne découlent pas de ces sources, doivent disparaître. A vrai dire, l'observation des symptômes cliniques précède leur

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