‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 97 sur 150 · IV. l'intelligence proprement dite · texte numérisé non relu

IV. l'intelligence proprement dite

Ce qui caractérise proprement Tesprit c'est son impersonnalité, son désintéressement*. Déjà l'intelligence concrète a ce caractère lorsqu'elle est contemplative. Voir pour voir, écouter pour écouter, c'est déjà se détacher de soi pour se faire de l'univers un spectacle. L'artiste surtout doit être sinon impassible, du moins au-dessus de ses émotions.

Mais le sensitif, comme l'artiste veulent tout de même jouir de leur vision ; ils vivent et se complaisent dans le monde des formes.

L'intellectuel pur cherche les lois des choses, c'est-à-dire les relations constantes qui les lient : lois physiques, chimiques, etc., ou les lois de la pensée en général. Lors même qu'il se borne à constater un fait sans l'expliquer l'intellectuel pense universellement. C'est seulement après avoir exploré tout l'horizon de la pensée qu'il renonce à rattacher ce fait à un autre, qu'il se résigne à le traiter comme un cas.

11 ne se soucie pas du retentissement de la pensée dans sa vie, de la joie qu'elle rayonne. Il veut la vérité, rien de plus.

Les analyses qui suivent concernent l'esprit considéré en lui-même, en tant qu'il a pour unique objet la vérité.

Page 1