‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 98 sur 150 · I. Voir plus haut, chap. ii · texte numérisé non relu

I. Voir plus haut, chap. ii

TYPES INTELLECTUELS SlS

Les esprits distingués du point de vue de leur force : esprits étendus, limités, etc. — Les esprits distingués par leur rapport à la vérité : esprits aOirmatifs, négatifs, dogmatiques, sceptiques, critiques ; esprits clairs et esprits justes, esprits logiques et systématiques ; esprits abstraits, esprits concrets ; V « esprit géométrique » et r (c esprit de finesse ».

Cest une faiblesse que de voir surtout le défaut des choses, le ridicule, V insuffisance y et de ne pas faire crédit sur le détail. Seule la bienveillance intellectuelle sait — sans excès d! optimisme — tirer de toute chose le meilleur parti, La superstition intellectuelle est soit Vorgueil de se croire un oracle, soit la servilité plus impressionnée par Vautorité que par la vérité. La probité intellectuelle consiste, tout en évitant la précipitation, à rendre les armes à toute vérité. La justesse du jugement suppose que Von sache renoncer plutôt à mettre ses idées d* accord entre elles que d* accord avec les choses. Le bon sens, cest la disposition à opter plutôt, en cas de confiit, pour ^expérience que pour la logique, pour la vie que pour la théorie abstraite.

Ce qui empêche les hommes de s'entendre, ce n*est pas seulement la mésintelligence des âmes, mais aussi celle dos esprits. Nous sommes portés à juger défavorablement ceux qui n'ont pas « la tête faite comme nous ».

Il y a bien des façons d* « être intelligent ». De très bons esprits ne se ressemblent en rien, et sont tentés de s'accuser réciproquement d'inintelligence, parce qu'ils ne comprennent pas les choses de la même manière. Or la réalité a plus d'une face, et on a le droit de renvisagor sous des points de vue très opposés, qui peuvent être également vrais. Peut-être si au lieu de les opposer on savait les rapprocher, pourrait-on s'élever à un point de vue supérieur, d'où l'on embrasserait les deux autres comme dans un même horizon.

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On peut considérer les facultés intellectuelles : lo dans leur rapport à Thomme ; 3® dans leur rapport à la vérité.

Considérées en elles-mêmes indépendamment de leur rapport à la vérité, les facultés intellectuelles diffèrent, d'individu à individu, en force, en étendue, etc. On peut distinguer sous ce point de vue les esprits d'après la quantité des objets auxquels ils s'appliquent : esprits étendus, limités; le degré de pénétration de ces esprits : esprits superficiels, profonds ; le temps qu'ils emploient à se mettre en branle, esprits vifs, lents. On peut distinguer encore les esprits par leur degré d'activité ou de réceptivité. Il y a des esprits inventifs et des esprits réceptifs ou compréhensifs. Cette distinction ne concerne pas plus que les précédentes la vérité ou l'erreur de nos idées. Un esprit inventif peut être faux.

Considérée dans son rapport à la vérité, toute pensée est une affirmation ou une négation.

Il y a des esprits affirmatifs, et des esprits négatifs, ceux que dans la vie on appelle les gens contrariants. Certains ne pensent que contre quelque chose ou quelqu'un. C'est un peu le défaut français. On n'arrive, en notre pays, à réunir les hommes que contre une idée. Presque toutes nos ligues sont anfi-quelque chose. On n'y sait que se défendre. Malheureusement on ne fonde rien par là. La bataille finie, chacun rentre chez soi. Les esprits négatifs doivent toutes leurs forces à leurs adversaires. Il semble qu'ils s'en doutent, et n'ont rien tant en horreur que la paix.

On n'affirme, on ne nie pas toujours avec la même assurance. La plupart des hommes veulent des certitudes absolues. C'est le caractère des esprits dogmatiques. Tant qu'on n'a pas remarqué qu'il y a de la vérité dans les opinions différentes des siennes, on les considère comme n'existant pas. L'enfant, le jeune homme, l'homme sans culture sontdogmatiques. Ils se croient infaillibles. L'homme se croit tout d'abord maître de l'univers ; les premiers systèmes .

philosophiques embrassent toute la science, posent et résolvent toutes les difficultés. Le dogmatisme intempérant a pour origine Tinexpérience, Tignorance. Mais le dogmatisme vient aussi de Tirréflexion. La plupart de nos pensées comme de nos sentiments sont acceptés simplement parce qu'ils sont les nôtres, par orgueil personnel, ou bien encore par esprit d'imitation : nous les avons reçus par la tradition, l'éducation, le milieu, sans contrôle. Nous les aimons alors comme nous aimons nos parents, nos biens, et nous les défendons comme tels. Nous perdons le sentiment que la vérité est à tous : elle est notre propriété. Malheur à qui diffère de nous par une nuance : cela est plus dangereux que de nous contredire. Un contradicteur n'est pas dangereux. Il est d'un autre pays, très lointain. Mais l'hérétique est notre voisin, il peut empiéter sur notre champ; avec lui surgissent les difficultés interminables des murs mitoyens. En même temps qu'il l'aime comme son bien propre, l'homme ne perd cependant pas le sentiment que c'est la vérité qu'il aime, de sorte qu'il aboutit à cette conception monstrueuse qu'il est dépositaire, propriétaire de la vérité absolue. Comme l'enfant qui croit emprisonner dans sa main le rayon de lumière, il croit avoir capté la source inGnie de vérité. C'est le pire des sacrilèges de s'imaginer que l'on est seul à posséder Dieu ; tel est le sectaire, le fanatique.

On est dogmatique par trop de confiance en soi ou par esprit d'imitation. On l'est aussi par excès de confiance en un guide choisi. Il y a des dogmatiques par admiration, par dévotion à une idole. On regarde la vérité non comme un objet impersonnel de recherche, mais comme un mystère dont certains sont les dépositaires privilégiés, et qu'ils révèlent en des oracles. On se demande si l'on est d'accord avec telle doctrine, si on l'interprète exactement, au lieu de se demander si l'on est d'accord avec la vérité. On a le culte des livres, des textes. C'est le défaut des disciples et aussi de certains maîtres qui aiment mieux recruter des

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admirateurs pour leur génie que des esprits libres pour le service de rhumanité. Quelle joie pour un vrai maître que d'être contredit! Cela prouve que Ton a formé non un double de soi-même, mais une autre âme vivante. Mais qu'il est malaisé de ne pas rétrécir à sa mesure toutes les grandes choses !

Le sceptique a beaucoup vu, beaucoup lu, assisté à la naissance et à la mort de bien des dogmes : il se défie. Le scepticisme témoigne parfois d'un esprit paresseux pu sans courage, il peut être au contraire le signe de la sincérité, du courage le plus difficile, celui de renoncer, par amour de la vérité même, à la paix de la certitude.

Il y a un scepticisme propre à notre époque, le scepticisme à l'égard des systèmes qui caractérise les esprits concrets. Ce scepticisme s'accompagne d'un culte pour le fait, le document. Certains chercheurs — on les appelle des érudits — poussent l'exactitude jusqu'à la minutie. On les a souvent calomniés ; ce n'est pas de leur part impuissance d'esprit, paresse, défaillance ; ils ont de la vérité un respect si religieux qu'ils craignent de la fausser par un système. Il y a des esprits systématiques qui se défendent les hâtives envolées et qui se plient à une besogne de manœuvres par peur de mentir à la vérité. C'est ainsi que Sainte-Beuve en était venu à ne plus goûter que le document. Il y a là cependant, il faut le dire, un excès et comme une manie de scrupule. Ce fait même que l'on prétend atteindre nous verrons que souvent on n'arrive à l'enserrer qu'en s'en détachant.

L'esprit critique se réserve, il ne veut affirmer ou nier qu'à bon escient.

Devant toute affirmation qui se pose, certains se tiennent sur la défensive ; le danger est qu'ils ne sachent plus voir que les côtés faibles de toute pensée, et que les petites difficultés leur cachent les grandes vérités. Le proverbe dit bien : qui ne risque rien n'a rien. Il faut risquer l'erreur pour conquérir la vérité, les esprits critiques sont souvent sté-

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riles, et stérilisent autour d'eux. Un maître disait à ses élèves : avant de parler demandez-vous si ce que vous allez dire est distingué. C'est conseiller à Tenfant qui commence à marcher de prendre d'abord des leçons de gymnastique. Il faut oser croire et se tromper.

Ceux qui rampent toujours seuls ne tombent jamais.

(de Laprade)

Dogmatique, sceptique ou critique l'esprit prétend être en rapport avec la vérité. Or il y a deux sortes de vérités. Il y a vérité logique quand les idées sont d* accord entre elles, quand nous savons ce que nous disons ; il y a vérité objective quand nos idées s'accordent avec les choses, quand nos idées sont justes.

Toute opération intellectuelle ou toute pensée est une affirmation ou une négation et on peut affirmer une relation entre ses idées ou entre les choses. Gela s'appelle juger. L'on peut aussi d'une affirmation en tirer une autre : cela s'appelle raisonner. La seconde vérité est dite déduite de la première. Raisonner ou déduire c'est tout un. Dans quels cas nos déductions sont justifiées, c'est ce que nous verrons quand nous traiterons des opérations intellectuelles.

Les jugements comme les raisonnements peuvent être considérés soit comme logiques, soit comme objectifs. Diton d'un jugement qu'il est clair, confus, on le considère du point de vue de la logique. Un jugement objectif est vrai ou faux. Raisonner mal en logiquec'est affirmer dans nos conclusions ce qui n'était pas dans nos principes, tirer d'une affirmation ce qu'elle ne contenait pas. Raisonner mal en science, en philosophie, c'est ignorer la vraie dépendance des choses, passer indûment d'une vérité à l'autre.

Ces distinctions permettent d'établir des distinctions très utiles entre les types intellectuels.

II y a des esprits qui savent bien distinguer leurs idées. Au point de vue du jugement ce sont des esprits clairs (on pourrait ici distinguer d'autres nuances, telles que la net-

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teté, la précision, etc.). Les esprits clairs sont ceux qui pensent par idées distinctes . Dans un esprit confus au contraire les pensées confondent leurs contours, de sorte qu'il n'en aperçoit que la direction, et souvent à peine, parce qu'elles se croisent et s'emmêlent. C'est pourquoi un esprit confus peut être un esprit riche tandis que tel autre doit sa clarté à sa pauvreté. Les esprits confus pensent souvent par sentiments, ils éprouvent d'abord des émotions désordonnées d'où l'idée ou bien ne parvient jamais à se dégager pour se formuler, ou bien n'y parvient que peu à peu. Un esprit confus ne distinguant pas ses idées se contredit aisément, il affirme d'une chose précisément ce qu'il a nié en l'affirmant. Les esprits logiques sont soucieux de mettre de l'unité dans leurs pensées. Lors même qu'ils sont égarés par la passion, ils veulent encore se donner l'air d'être d'accord avec eux-mêmes et avec leurs principes. Les esprits illogiques sont ceux qui, ayant le sentiment vif de la vie ou de la vérité, passent d'un sentiment sincère à un autre, d'une vérité particulière à une autre sans s'apercevoir ou se scandaliser de la contradiction apparente de ces émotions ou de ces idées. Les logiciens sont souvent irritants par leur simplisme ; ils élaguent, ils mutilent pour faire tenir le réel dans l'unité de leur pensée étroite ; préoccupés avant tout de ne pas se contredire, ils risquent de méconnaître toute vérité qui n'est pas mise en forme. Ce sont les pharisiens de la pensée. Dans les sciences concrètes, il ne faut pas apporter une roideur logique, il faut s'ouvrir au réel et s'en laisser imprégner. Peut-être trouverez-vous plus tard à concilier les vérités contradictoires, peut-être cela est-il impossible : faut-il cependant, selon le mot de Bossuet, lâcher les deux bouts de la chaîne, parce que nous n'en apercevons pas tous les anneaux ? Il est dangereux de se fermer à la vie sous prétexte qu'elle trouble le symétrie de nos concepts. Il y a des esprits logiques qui sont des esprits faux. Un mathématicien suivra rigoureusement le jeu de ses formules, il juge et raisonne mal de la vie.

Considérons Tesprit dans ses relations avec les choses.

Les esprits justes sont ceux qui discernent le rapport de leur pensée avec la réalité ; les esprits faux peuvent être logiques, ingénieux, pleins d'invention; ils ne discernent pas ce rapport. Les esprits concrets, les observateurs sont ceux qui jugent bien ou mal des choses. Les esprits systé^ matiques raisonnent des choses, ils en cherchent les relations, la dépendance. Il y a des esprits justes qui ne sont nullement systématiques, des intuitifs qui aperçoivent les vérités comme des lueurs discontinues. Dans les sciences de faits, on rencontre des esprits profonds très peu systématiques et dont la profondeur tient peut-être à cette impuissance. Ils se laissent aller à Timpulsion des choses, ils aperçoivent la vérité dans sa complexité, tandis que péniblement des esprits médiocres essaient de raccorder par des liens artificiels les vérités détachées. Le lien secret des choses se révèle parfois seulement par un air de parenté impossible à analyser. L'invention procède par bonds, ainsi qu'on l'a dit justement. Leibnitz, la pensée la plus riche après celle d'Aristote, invente ; Wolf, son lourd disciple, démontre.

Esprit systématique n'est pas la même chose qu'esprit logique. L'esprit logique cherche sa propre unité, l'esprit systématique cherche l'unité des choses. Celui-ci risque cependant de céder à l'entraînement logique lorsque enchanté d'une unité découverte il ne se résigne pas à y renoncer en présence des démentis du réel. D'autre part quand une fois l'esprit a découvert la dépendance naturelle des faits, il peut tirer la conséquence de ses formules, sans regarder la nature. C'est ainsi que l'on peut donner la formule d'une combinaison chimique sans sortir de son cabinet. La logique ou la mathématique abstraite qui en est une application spéciale traduisent le système de la nature. C'est pourquoi l'on peut dire et il nous arrive de dire indifféremment esprit logique, esprit systématique, besoin d'unité logique ou systématique.

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Les esprits systématiques comme les esprits logiques sont aussi des esprits plus ou moins abstraits. Gela signifie qu'ils sont plus intéressés par la relation des choses entre elles que par les choses elles-mêmes. Ils isolent donc, ils abstraient cette relation, et la détachent de la réalité immédiate, concrète. Nous verrons que pour saisir les relations et les dépendances des choses, il est nécessaire de les décomposer en leurs éléments, d'imaginer même ces éléments, de s'éloigner de plus en plus de l'apparence. L'esprit systématique est celui qui demande en général le plus de réflexion, par suite de peine. Les jugements justes sont comme des inspirations : les longs raisonnements qu'exige l'esprit de système supposent une réflexion continuellement tendue. Gela n'est vrai toutefois que de la moyenne des hommes. Si peu de documents que nous ayons sur ce point, il y a lieu de penser qu'il y a une part d'inconscience chez tous les grands créateurs de systèmes : c'est pourquoi ils savent parfois si mal se comparer. De plus la réflexion même est chez eux si aisée qu'elle est comme une habitude, une nature.

L'esprit systématique est rare ; l'esprit logique est des plus communs. On trouve plus d'esprits naturellement faux que d'esprits naturellement illogiques. Il y a sans doute des esprits foncièrement illogiques surtout parmi les femmes dont quelques-unes ont l'esprit contradictoire par nature, incapable de suivre un raisonnement. Mais cependant la faculté de raisonner est assez tôt formée chez l'homme. Ce qui fait les enfants terribles, et tous les enfants le sont un peu, c'est leur logique implacable. La jeunesse raisonne à perte de vue, elle s'enfonce et déduit imperturbablement les conséquences de théories qui la font passer à côté de la vie. L'imperfection de l'esprit consiste moins à tirer de principes posés des conclusions vicieuses qu'à appliquer aux choses des méthodes que les choses ne comportent pas. Gelui qui, en matière de nombres et de grandeurs, ne s'astreindrait pas aux méthodes claires et rigoureuses de

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démonstration que ces quantités comportent, mais prétendrait user de persuasion et d'éloquence, serait un esprit faux. Mais on ne voit guère d'esprits faussés par défaut de logique ; un esprit faux l'est ordinairement par excès de logique. La tendance humaine est de chercher partout l'ordre, la symétrie, la simplicité.

Ce besoin de logique naturellement inhérent à toute intelligence est encore renforcé par l'éducation ; les préjugés sont logiques eux aussi en ce qu'ils tendent à être ; la persévérance dans la vie ou la même façon d'être c'est la logique du sentiment. La justesse de notre jugement pratique dépend de notre facilité à laisser plier notre logique devant le réel. Celui-là est un esprit faux qui, au nom d'une doctrine même vraisemblable, d'un préjugé même respectable, d'une foi même sincère, fait violence à la nature et à la vie. Les bêtes qui veulent faire les anges visent à des vertus surhumaines et manquent les vertus humaines par lesquelles pourtant il serait obligatoire de commencer. Le rêve finit par éclipser la réalité, on considère comme un héroïsme ce qui n'est qu'une désertion. Le bon sens est la qualité qui fait le savant, l'homme habile et l'honnête- homme. Il consiste à savoir se déprendre de ses aspirations personnelles, préjugés, opinions, doctrines, théories, chimères, devant les choses réelles, plutôt que de briser ces dernières sans profit pour le prétendu idéal auquel elles sont réfractaires ; le savant et l'honnête homme, pas plus que l'homme d'affaires, ne pratiquent la politique du « tout ou rien » . Ils sont prêts à faire violence à leur doctrine plutôt qu'aux choses, si c'est le seul moyen de faire passer un peu de leur doctrine dans les choses.

Pascal distinguait V esprit géométrique et U esprit de finesse. Il possédait lui-même à un haut degré ces deux qualités qui pourtant se trouvent rarement unies dans une même intelligence. Les choses offrent entre elles une infinité de relations. Parmi ces relations, les unes sont simples et bien définies, les autres complexes et fuyantes. Selon leur

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tournure propre, les intelligences s'intéressent davantage aux premières ou aux secondes. Il est vrai qu*on peut porter un esprit systématique et abstrait dans les études les plus concrètes. Il y a des philosophes de Fhistoire, tels que Guizot. Certains géomètres sont presque comme des artistes, cherchent les problèmes curieux, les cas singuliers. La nature est tout entière partout, et pour la saisir l'esprit a besoin de toutes ses ressources ; c'est pourquoi les savants doivent échanger sans cesse leurs instruments de recherche. Cependant dans la nature les objets se prêtent plus ou moins aux diverses dispositions de la pensée.

Nous allons étudier ces objets et les facultés humaines qui y correspondent.

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