‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 68 sur 171 · Tentameul, ji. !iû · texte numérisé non relu

Tentameul, ji. !iû

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trer à quel point Auguste Comte devait être épris de sa femme; s'il ne l'avait pas aimée dans sa chair, on se demande pourquoi il aurait montré tant d'indulgence pour ses écarts de conduite et tant souffert d'une séparation qui le délivrait.

C'est donc au départ de M'"" Comte et au chagrin qu'il en éprouva, aussi bien qu'à ses excès intellectuels, qu'il attribua sa folie. Liltré a mieux aimé parler de mauvaises digestions du philosophe, d'un duel qu'il redoutait avec le saint-simonien Bazard; il a môme cru pouvoir, malgré les affirmations de Comte, réfuter l'hypothèse de? chagrins domestiques* ; le fait n'en reste pas moins établi.

L'accès éclata vers le milieu d'avril, peut-être après un effort suprême, une de ces méditations prolongées dont Comte parlait tout à l'heure : « Le samedi 15 avril, dit Littré, ou peut-être, mais moins probablement, le vendredi 14, M. Comte ne rentra pas. » Il était sorti de chez lui dans un état de surexcitation extrême et s'était d'abord rendu chez Lamennais pour lui confier le secret de son mariage qui, plus que jamais, devait lui peser : « J'en fis, dit-il, en 182(>, sous le sceau de la confession, mon unique confidence au célèbre Lamennais, devant son meilleur disciple, M. l'abbé Gerbet, au début de ma crise cérébrale '. » Le samedi lîj avril, nous le retrouvons à Saint-Denis, à rhôtel du Grand-Cerf, d'où il écrit à sa femme, à Blainville et à Lamennais. Si ce dernier avait eu quelque doute sur l'état d'esprit de Comte après sa confession de la veille, il dut être fixé par la lettre qu'il reçut; Dlainviile, qui la lut, dit que « Tincohérence des idées indiquait une sorte d'aliénation mentale ». La lettre à Blainville, avec ses mots souli-

■1. « Telles fui-ent les impressions et les cniolions au milieu desquelles sa raison se dérangea. On y a ajoute les chagrins domestiques ; mais, tout à l'heure, la letlre de M. de Blainville rapportée ci-dessous et l'enchaînement des faits prouveront que ce fut une allégation inventée par ceux qui voulurent l'interdiction d'Auguste Comte saus l'obtenir ». Op. cil., p. 109.

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