Littrc, op. cil. p
a de quoi surprendre après sa fuite et sa trahison. Cédaitelle à ses remords, comme le pensa plus tard Auguste Comte? Craignit-elle de perdre l'homme qui la faisait vivre el qu'elle comptait bien reprendre tôt ou tard? Obéit-elle à ces deux sentiments à la fois? Nous l'ignorons; mais il est certain qu'elle ne ménagea pas son dévouement jusqu'à la fm delà maladie.
Comte, à l'arrivée de sa femme, se calma un peu. Il désira sortir et fit avec elle une promenade; arrivé sur le bord du lac d'Enghien, il se surexcita de nouveau : « Le malade, dont Texaltation augmentait l'orgueil, dit que, bien qu'il ne sût pas nager, il ne se noierait pas, et là-dessus il voulut entraîner sa femme dans les eaux'. » A grand'peinë, M*"^ Comte put le ramener à l'auberge. Mais là, son excitation redoubla, et quand M. de Blainville, prévenu le lundi soir par M'"" Comte accompagnée du fidèle Cerclet, arriva le mardi matin à Montmorency, il trouva, racontet-il, le malade « gardé par un ou deux gendarmes, dans une chambre d'un petit bâtiment, au fond du jardin de Ihôtel Bellevue ». Comte le reconnut, le reçut fort bien, et lui raconta ce qui s'était passé, « en entremêlant dans son exposition plusieurs idées incohérentes ». Mais l'excitation le reprit quand Blainville lui proposa de le mettre dans une maison de santé. « 11 entra dans une colère presque furieuse, me dit qu'on le voulait séparer de sa femme, qu'il le savait bien, que c'était le projet du prince de Carignan, etc., mais qu'on n'y réussirait pas'-. »
La séquestration s'imposait, mais, pour conduire Comte chez Esquirol, on dut lui faire croire qu'on le ramenait chez lui; on dut môme employer la force quand il s'aperçut qu'on arrivait à la maison de santé de la rue de BuCfon.
Esquirol ne pouvait pas hésiter sur la nature de la folie