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l'attention spontanée 37
ne prouve que les mouvements ne soient pas à l'origine un simple effet de l'attention. 11 y a trois hypothèses possibles : l'attention (l'état de conscience) est cause des mouvements, ou elle en est l'effet, ou elle en est d'abord la cause, ensuite l'effet.
Je demande à ne pas choisir entre ces trois hypothèses d'une valeur purement logique et dialectique et à poser la question autrement. Sous cette forme, elle est tout imprégnée, sans quil y paraisse, de ce dualisme traditionnel dont la psychologie a tant de peine à se débarrasser, et elle se réduit, en définitive, à demander si, dans l'attention, c'est l'âme qui agit d'abord sur le corps ou le corps sur l'âme. Je n'ai pas à résoudre cette énigme. Pour la psychologie physiologique, il n'existe que des états intérieurs, différant entre eux tant par leurs qualités propres que par leurs concomitants physiques. Si l'état intellectuel qui se produit est faible, court, sans expression saisissable, ce n'est pas l'attention. S'il est fort, stable, délimité et traduit par les modifications physiques sus-mentionnées, c'est l'attention. Ce
RiBOT. — Atlention. Q
que nous soutenons, c'est que l'attention n'existe pas in abstraclo, à titre d'événement purement intérieur : c'est un état concret, un complexus psycho-physiologique. Chez notre spectateur à l'Opéra, qu'on supprime, par hypothèse, l'adaptation des yeux , de la tête , du corps , des membres, les changements de la respiration et de la circulation cérébrale, etc., la réaction consciente ou inconsciente de tous ces phénomènes sur le cerveau ; ce qui reste du tout primitif, ainsi dépouillé et vidé, n'est plus l'attention. S'il reste quelque chose, c'est un état de conscience éphémère, l'ombre de ce qui a été. Nous espérons que cet exemple, quelque chimérique qu'il soit, nous fera mieux comprendre que de longs discours. Les manifestation motrices ne sont ni des effets ni des causes, mais des éléments : avec l'état de conscience qui en est le côté subjectif, ils sont l'attention.
Que le lecteur ne prenne d'ailleurs ceci que comme une ébauche, une vue provisoire du sujet, qui sera complétée plus tard. Ainsi, nous ne parlons pas du sentiment de l'effort, parce qu'il