Loc. cit., p
dirigeant du centre à la périphérie 1 ». Mais il y a un autre élément et non le moins important.
2° Gomme organe moteur, le cerveau joue un rôle complexe. D'abord il agit comme initiateur des mouvements qui accompagnent la perception, l'image ou l'idée; puis ces mouvements, souvent intenses, reviennent au cerveau par le moyen du sens musculaire à titre de sensations des mouvements; celles-ci augmentent la quantité d'énergie disponible qui d'une part sert à maintenir ou à renforcer la conscience, d'autre part revient à son point de départ sous la forme d'un nouveau mouvement. Il y a ainsi un va-et-vient du centre à la périphérie, de la périphérie au centre, puis du centre renforcé à la périphérie et ainsi de suite. L'intensité de la conscience n'est que l'expression subjective de ce travail compliqué. Mais supposer qu'elle puisse durer sans ces conditions organiques, c'est une hypothèse gratuite, en complet désaccord avec tout ce que l'expérience nous montre. Le spec-
1. Philosophie de l'inconscient, trad. Nolen, I, 145; II, 65.
l'attention spontanée 35
tateur naïf qui s'ennuie à l'Opéra, parce qu'il ne comprend rien à la musique, devient tout attention s'il se produit un brusque changement de décor, c'est-à-dire que l'impression visuelle a produit instantanément une adaptation des yeux et de tout le corps. Sans cette convergence organique, l'impression s'évanouirait rapidement. « C'est, dit Wundt, dans la réaction prépondérante sur les parties sensitives, source originelle du processus, que consiste essentiellement la différence entre l'attention et le mouvement volontaire. Dans celui-ci, l'excitation centrale prend sa direction principale vers les muscles; dans l'attention, les muscles ne concourent qu'à des mouvements sympathiques | subordonnés 1 » ; en d'autres termes, il se produit une réflexion de mouvements. Enfin résumons, avec Maudsley, ce mécanisme : « D'abord, excitation du trajet d'idéation approprié, au moyen de la représentation externe ou de la
1. Physiologische Psychologie, p. 723-724 de la première édition. Ce passage ne se rencontre plus dans les éditions suivantes.
représentation interne; secondement, augmentation d'énergie de cette première stimulation par une nouvelle stimulation due à l'innervation motrice correspondante; troisièmement, une nouvelle augmentation d'énergie par la réaction subséquente des centres perceptifs, plus actifs que les autres, sur l'idée; car l'influence réciproque de ces facteurs sensoriels et moteurs renforce jusqu'à un certain point son activité *. »
Si donc nous comparons l'état ordinaire à l'état d'attention, nous trouvons dans le premier des représentations faibles, peu de mouvements; dans le second, une représentation vive, des mouvements énergiques et convergents, et en plus la répercussion des mouvements produits. Il importe peu que ce dernier apport soit conscient ou non : ce n'est pas la conscience qui fait la besogne, elle en profite.
On dira peut-être : Nous admettons cette réaction des mouvements sur le cerveau, mais rien