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Elemente der Psychophysik, t. II, p. 490 et

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attention à L'état de sa respiration, il observe que sa conscience de l'effort coïncide avec une fixation des muscles de la poitrine et que. proportionnellement à la somme d'énergie qu'il sent mise en jeu par lui, il tient sa glotte fermée et contracte activement ses muscles respiratoires. Qu'il place son doigt comme auparavant et qu'il continue à respirer tout le temps, il verra que, si grande que soit l'attention dirigée par lui sur son doigt, il ne ressentira pas la moindre trace de conscience d'effort, jusqu'à ce que le doigt lui-même ait été mû réellement, et alors elle est rapportée localement aux muscles qui agissent. Ce n'est que lorsque ce facteur respiratoire, essentiel, toujours présent, est laissé de coté ainsi que cela a été fait, que la conscience de l'effort peut avoir quelque degré de plausibilité, être attribuée au courant centrifuge. »

En résumé, partout et toujours des contractions musculaires. Même dans les cas où nous restons immobiles, on trouvera, si l'on s'observe avec soin, que la réflexion intense s'accompagne d'un commencement de parole, de mouvements

du larynx, de la langue, des lèvres. Chez ceux qui n'appartiennent pas au type moteur, par conséquent les plus défavorables à notre thèse, il y a un état d'audition idéale ou de vision idéale : l'œil, quoique fermé, s'attache à des objets imaginaires. Gzermak et après lui Stricker ont fait remarquer que si, après avoir contemplé intérieurement l'image d'un objet supposé très proche, on passe brusquement à la vision mentale d'un objet très éloigné, on sent un changement net dans l'état d'innervation des yeux. Dans la vision réelle, on doit passer, en pareil cas, de l'état de convergence à l'état de parallélisme des axes visuels, c'est-à-dire innerver les muscles moteurs de l'œil d'une autre manière. La même opération, plus faible, à l'état naissant, se produit dans la vision intérieure qui accompagne la réflexion. Enfin, chez tous et dans tous les cas, il y a des modifications dans le rythme de la respiration1.

1. Récemment, M. Guge (d'Amsterdam) a donné le nom (ïaprosékie (de à et Tipoaéxetv) à une incapacité de fixer son attention sur un objet déterminé, par suite d'une diminution de la respiration nasale due à certaines circonstances, telles que des tumeurs adénoïdes dans la cavité pharyngonasale, des polypes du nez, etc. — Un enfant de sept ans

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Nous pouvons répondre maintenant à la question posée plus haut : Quelle est l'origine du sentiment de l'effort dans l'attention et quelle en est la signification?

Il a son origine dans ces états physiques tant de fois énumérés, conditions nécessaires de l'attention. Il n'est que leur répercussion dans la conscience. Il dépend de la quantité et de la qualité des contractions musculaires, des modifications organiques, etc. Son point de départ est périphérique comme pour toute autre sensation.

Il signifie que l'attention est un état anormal, non durable, produisant un épuisement rapide de l'organisme ; car, au bout de l'effort, il y a la fatigue; au bout de la fatigue, l'inactivité fonctionnelle.

n'avait réussi à apprendre à l'école pendant toute l'année que les trois premières lettres de l'alphabet. Opéré de sa tumeur adénoïde, il apprit en une semaine l'alphabet tout entier. D'autres élèves de gymnase ou étudiants, atteints de ces affections, ne pouvaient rien apprendre. Ils avaient la sensation que chaque effort pour fixer leur attention déterminait des douleurs de tête et des vertiges. Ils pouvaient, sans fatigue, lire six à dix fois une phrase, mais sans comprendre ce qu'ils avaient lu et sans penser cependant à autre chose. Cette circonstance différencie cet état de la distraction ordinaire. (Biologische Centralblatt, 1er janvier 1888.)

Reste un point obscur. Lorsque nous passons de l'état ordinaire à l'état d'attention sensorielle ou de réflexion, il se produit une augmentation de travail. L'homme surmené par une longue marche, une grande contention d'esprit ou qui succombe au sommeil à la fin de la journée, le convalescent sortant d'une grave maladie, en un mot tous les débilités sont incapables d'attention, parce qu'elle exige, comme toute autre forme de travail, un capital de réserve qui puisse être dépensé. Dans le passage de l'état de distraction à l'état d'attention, il y a donc transformation de force de tension en force vive, d'énergie potentielle en énergie actuelle. Or c'est là un moment initial très différent du moment de l'effort senti, qui est un effet. Je fais cette remarque en passant, sans insister. L'examen de cette question ne pourra être tenté utilement qu'après avoir parcouru l'ensemble de notre sujet.

Les recherches expérimentales sur l'attention volontaire ont confirmé et précisé certaines con-

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clusions qui assortaient d'ailleurs naturellement d'une compréhension exacte du sujet. Ces recherches sont directes ou indirectes, suivant qu'elles étudient l'attention en elle-même, dans ses variations individuelles, à l'état normal et morbide, ou suivant qu'elles l'étudient comme le moyen, l'instrument d'autres recherches sur la durée des perceptions, des associations, du jugement, du choix. L'attention est, en effet, la condition psychique fondamentale de presque toutes les recherches psychométriques \

Obersteiner, pour qui l'attention est essentiellement un fait d'inhibition, a trouvé qu'elle exige en général plus de temps chez les ignorants que chez les gens cultivés, chez les femmes que chez les hommes qui par leur mode de vie ont développé le pouvoir d'arrêt, chez les vieillards que

4. Consulter pour le détail et le dispositif des expériences : Obersteiner, Expérimental Researches on Attention, dans Brain, janvier 1879; — Wundt, Psychologie physiologique, t. II, ch. xvi ; — Exner, dans Hermann, Handbuch der Physiologie, t. II, fasc. 2, p. 283 et suiv. ; — Stanley Hall, Reaction time and attention in the hypnotic state, dans Mind (avril 1883). — L'unité dans tous les nombres donnés est le millième de seconde = c

chez les adultes et les jeunes gens : ce qui tient sans doute à une activité fonctionnelle moins rapide.

Une série d'expériences faites sur la même personne ont donné comme moyenne à l'état normal 133 a-, dans le cas de mal de tête 171 <x, dans l'état de fatigue et de somnolence 183 cr. Chez un malade, au début de la paralysie générale, le temps moyen était de 166 cr; à la deuxième période de cette maladie, alors que l'état du sujet était tout juste compatible avec l'investigation expérimentale, on a obtenu 281 s- et jusqu'à 755 cr. D'un autre côté, Stanley Hall, qui a eu la chance de rencontrer un sujet pouvant réagir correctement en état d'hypnotisme, a constaté une diminution très sensible du temps de réaction, qui passe d'une moyenne de 328 cr (état normal) à 193 cr (état hypnotique), résultat qui pouvait être prévu en raison de monoïdéisme propre à l'hypnose.

Wundt et Exner ont fait d'autres expériences sur l'homme normal. Tantôt le sujet est pris à l'état de distraction, l'impression contre laquelle

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il doit réagir survenant à l'improviste et sans avoir été déterminée d'avance. Tantôt l'impression est déterminée quant à sa nature et à son énergie, mais non quant au temps où elle doit se produire. Tantôt l'impression est complètement déterminée (nature et temps), un signal avertissant le sujet que l'impression va suivre. Dans cette marche ascendante de l'indétermination vers la détermination, le temps de la réaction va toujours diminuant, comme on pouvait le supposer d'avance. Ainsi, tandis que dans le cas de distraction il peut s'élever au chiffre énorme de 500 a-, il tombe dans le second cas à 253 ? et avec signal à 76 a-.

Ces expériences nous présentent sous la forme la plus simple l'état dit d'attention expectante ou de préattention. Elles comportent quelques remarques propres à corroborer ce qui a été dit précédemment.

Si, dans l'attention expectante, on considère le côté intellectuel, on voit qu'elle est un stade préparatoire durant lequel est évoquée l'image d'un événement prévu ou présumé. L'état de

Ri BOT. — Attention. 7

mpnoïdéisme est constitué, de sorte que l'événement réel n'est que le renforcement de la représentation préexistante. Dans certaines expériences, deux impressions presque simultanées sont produites, il s'agit de déterminer laquelle est antérieure dans le temps. Si elles sont de nature différente, l'une auditive (un coup de timbre), l'autre visuelle (une étincelle électrique), on a une tendance à considérer comme antérieure, soit la plus forte impression, soit celle sur laquelle était dirigée l'attention. En se livrant à des recherches de ce genre, Wundt pouvait à volonté, suivant la direction donnée à son attention, voir tantôt l'une, tantôt l'autre la première. Quand les deux excitations sont de même nature, on ne perçoit bien que la première, la seconde passe inaperçue.

Si l'on considère le côté moteur de l'attention expectante, on voit qu'elle produit une innervation préparatoire des centres nerveux et des muscles qui, au moindre choc, peut se convertir en impulsion réelle. La représentation seule peut donc produire une réaction, sans cause extérieuere.

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Cet état explosif se produit surtout dans les cas où l'impression attendue est indéterminée, dans les cas qu'on pourrait appeler d'attention expectante en général. L'innervation motrice se partage entre tous les domaines sensoriels : il se produit alors un sentiment d'inquiétude et de malaise, de tension telle qu'un corps qui tombe, un accident de laboratoire amènent une réaction automatique.

Quand l'impression attendue est bien déterminée, l'innervation motrice a sa voie tracée d'avance; au lieu d'être diffuse, la tension est localisée. Le temps de la réaction peut devenir nul et même négatif.

Quand la réaction doit être faite par des procédés différents ou pour des excitations différentes, il faut qu'il se produise un changement dans les centres qui produise un changement dans la direction des voies nerveuses : c'est un état très fatigant. Si l'on s'obstine à réagir, le temps grossit démesurément, jusqu'à une seconde d'après Exner.

Nous devons mentionner aussi les recherches

expérimentales de M. N. Lange sur les oscillations de l'attention sensorielle. Dans le silence de la nuit, le tic-tac d'une montre située à quelque distance, tantôt n'est pas entendu, tantôt est renforcé : de même pour le bruit d'une cascade; des oscillations analogues ont été observées clans l'ordre des sensations optiques et tactiles. Ces variations ne sont pas objectives ; elles ne peuvent être que subjectives. Faut-il, comme on le fait d'ordinaire, les attribuer à la fatigue de l'organe sensoriel? L'auteur ne le croit pas; elles sont pour lui de cause centrale et dues aux oscillations de l'attention. Lorsqu'on est attentif à deux excitations simultanées, l'une optique, l'autre acoustique, si les oscillations sont d'origine périphérique, elles devraient être indépendantes l'une de l'autre. Tel n'est pas le cas; les deux espèces d'oscillations ne coïncident jamais; elles sont toujours séparées par un intervalle parfaitement déterminé. Quelle est la cause de cette périodicité des oscillations? D'après l'auteur, elle est dans l'oscillatiou des images qui accompagnent la perception sensorielle. Le renforcement exis-

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tant dans l'attention vient de ce qu'à l'impression actuelle s'ajoute l'image d'une impression antérieure. L'attention sensorielle serait une assimilation de l'impression réelle qui reste immuable avec l'image antérieure qui subit des oscillations \

On voit, en résumé^ que l'attention ne ressemble en rien à une activité pure, qu'elle est liée à des conditions physiques parfaitement déterminées , n'agit que par elles et dépend d'elles.

1. Lange, Beitràge zur Théorie der sinnlichen Aufmerksamkeit und der activen Apperception dans les Philosophische Studien, 1887, t. IV, f'asc. 3.

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