‹ Psychologie de l'attention [electronic resource]Chapitre 19 sur 47 · L'ATTENTION VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

L'ATTENTION VOLONTAIRE

me semblent valoir la peine d'être signalés comme tentative d'explication :

« Le sentiment d'effort de l'attention dans les divers organes sensoriels ne me paraît être qu'un sentiment musculaire (Muskelyefûhl) produit en mettant en mouvement, par une sorte d'action réflexe, les muscles qui sont en rapport avec les différents organes sensoriels. On demandera alors : A quelle contraction musculaire le sentiment d'effort attentionnel peut-il être lié, quand nous nous efforçons de nous rappeler quelque chose? Mon sens intérieur me donne sur ce point une réponse nette. J'éprouve une sensation très distincte de tension, non dans l'intérieur du crâne, mais comme une tension et une contraction de la peau de la tête et une pression de dehors en dedans sur tout le crâne, causée évidemment par une contraction des muscles de la peau de la tête : ce qui s'accorde parfaitement avec les expressions : se casser la tête (sich ci en Kopf 'zerbrecheri), rassembler sa tête (den Kopf zusammennehmeri). Dans une maladie que j'ai eue autrefois, durant laquelle je ne pouvais endurer

le plus léger effort de pensée continue (et à cette époque je n'étais déterminé par aucune théorie), les muscles de la peau, en particulier ceux de l'occiput, avaient un degré très net de sensibilité morbide, chaque fois que j'essayais de réfléchir. »

Dans le passage suivant, Fechner décrit ce* sentiment d'effort, d'abord dans l'attention sensorielle, ensuite dans la réflexion :

« Si nous transportons notre attention du domaine d'un sens à un autre, nous éprouvons aussitôt un sentiment déterminé de changement de direction : sentiment difficile à décrire, mais que chacun peut reproduire par expérience. Nous désignons ce changement comme une tension diversement localisée.

« Nous sentons une tension dirigée en avant dans les yeux, dirigée de côté dans les oreilles et variant avec le degré de l'attention, suivant que nous regardons attentivement ou que nous écoutons attentivement quelque chose : c'est pourquoi on parle de l'effort de l'attention. On sent très clairement la différence quand on change rapide-

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ment la direction de l'attention de l'œil à l'oreille. De même le sentiment se localise diversement suivant que nous voulons flairer, déguster, toucher avec soin.

« Lorsque je veux me représenter le plus clairement possible un souvenir ou une image, j'éprouve un sentiment de tension tout à fait analogue à celui de la vision ou de l'audition attentive. Ce sentiment tout à fait analogue est localisé d'une manière toute différente. Tandis que, dans la vision attentive des objets réels aussi bien que des images consécutives, la tension est sentie par devant, et qu'en appliquant l'attention aux autres domaines sensoriels, il n'y a que la direction vers les organes extérieurs qui change, le reste de la tête ne donnant aucun sentiment de tension : dans le cas des souvenirs et des images, j'ai la conscience que la tension se retire tout à fait des organes extérieurs des sens et qu'elle paraît plutôt occuper la partie de la tête que le cerveau remplit. Si je veux, par exemple, me représenter vivement un objet ou une personne,

ils semblent se produire pour moi d'autant plus

vifs que je tends mon attention, non par devant, mais, pour ainsi dire, par derrière 35

Depuis l'époque où a paru l'ouvrage de Fechner , les recherches déjà mentionnées de Duchenne , de Darwin et de tous ceux qui ont étudié les mouvements expressifs, ont mis beaucoup plus de précision et de clarté dans ce sujet. Rappelons aussi le rôle des mouvements respiratoires dont Fechner ne parle pas. Ils ont une si grande importance que, dans certains cas, ils engendrent à eux seuls le sentiment de l'effort. Ferrier l'a montré, en s'appuyant sur une expérience très simple. Si l'on étend le bras et si l'on tient l'index dans la position nécessaire pour tirer un coup de pistolet, on peut, sans mouvoir réellement le doigt, avoir l'expérience d'un sentiment d'énergie déployée. Voilà donc un cas net du sentiment d'énergie déployée, sans contraction réelle des muscles de la main, et sans effort physique perceptible (ce qui est la thèse de Bain). « Mais si le lecteur recommence l'expérience et fait bien

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