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Revue Politique et Parlementaire, 10 mai

LA QUESTIOiN DU GREC ET DU LATIN 173

consacrer à Tétude du grec et du latin. Il propose, lui aussi, de les enseigner seulement pendant une heure par semaine à titre de cours supplémentaire. C'est à peu près le temps accordé aujourd'hui à Tescrime et à la danse.

Un partisan convaincu des études gréco-latines, M. Hanotaux, est arrivé par une autre voie à des conclusions analogues. Dans un article que publia le Journal en faveur de renseignement du latin, il formulait le souhait que tout jeune Français cultivé puisse Q,omçvexiàTQ VEpitome JIistori3e Grœcœ et le Selectœ, Je n'y découvre aucune utilité, mais je n'y vois non plus aucun inconvénient, attendu qu'un tel souhait est d'une réalisation extrêmement facile. Cette lecture, par les méthodes que j'indiquerai dans un autre chapitre, ne demanderait pas au dernier élève d'une école primaire plus d'un mois de travail^.

Au risque de sembler paradoxal, j'ajouterai aux observations qui précèdent qu'il y aurait un grand intérêt psychologique à introduire le grec et le latin à la dose que j'ai dite — une heure environ par semaine — dans l'enseignement primaire. Ce serait le seul moyen de faire perdre à ces deux langues le prestige mystérieux qu'elles exercent encore dans l'esprit de la bourgeoisie actuelle. Quand l'on constatera que de jeunes maçons ou des apprentis cordonniers peuvent hardiment citer à propos une douzaine de citations latines, personne ne se figurera plus que la connaissance de quelques mots de cette langue con-

1. Pour les personnes qui voudraient pousser plus loin l'étude du latin, je signalerai le volume de M. le professeur Bézard, déjà auteur d'un livre sur la méthode littéraire.- Dans son nouvel ouvrage, Comment apprendre le latin, l'auteur, après avoir montré la çauvreté des méthodes actuelles, essaie d'unifier s dd simplifier un peu cet enseignement.

PSYCHOLOGIE DE l'ÉDUCATION

fère une sorte de noblesse. Son prestige s'évanouira alors très vite. Ce sera comme si la plupart des ouvriers recevaient les palmes académiques en récompense de leurs services. Les classes dites dirigeantes n'en voudraient bientôt plus.

Je n'imagine pas assurément que des réformes aussi simples aient la moindre chance d'être jamais acceptées en France. Les grandes réformes imposées à coups de décrets seules nous tentent. Elles n'ont pourtant d'autres résultats que de produire des révolutions apparentes qui rendent impossible aucune évolution.

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