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L'ENSEIGNEMENT MODERNE

L'histoire de renseignement dit moderne constitue un exemple frappant de Timpossibilité d'accepter les réformes les plus simples, les plus urgentes, lorsqu'elles ont à lutter contre les facteurs moraux — opinions, préjugés, etc., — que nous retrouvons à chaque page de cô* ouvrage.

Un ministre entreprenant, M. Léon Bourgeois, avait rêvé, il y a quelques années, de réformer à lui seul et sans bruit notre détestable éducation classique. A force de téi acité, nous l'avons vu plus haut, il ol*lint d'établir à côté de l'enseignement gréco-latin, un enseignement dit moderne, que terminait un baccalauréat spécial. Le latin et le grec étaient remplacés par des langues vivantes et dès sciences.

Les programmes de cet enseignement étaient excellents, la réforme théoriquement- parfaite. Les résultats furent pitoyables.

Ils furent pitoyables parce que la réforme eut contre elle l'opposition sourde de toute TUniversité*

PSYCHOLOGIE DE l'ÉDUCATI0«

L'enseignement dit moderne répondait à d'incontestables besoins, et cependant il végéta misérablement. Nous allons en avoir la preuve en lisant quelques extraits des rapports présentés à la Commission. Montrons d*abord le but de cette éducation, tel que Ta résumé un ancien ministre de l'Instruction publique, M. Berthelot.

L'éducation moderne, si elle était convenablement dirigée, devrait reposer essentiellement sur l'étude du français, des langues modernes et des sciences, et préparer d'une façon fructueuse aux carrières par lesquelles les citoyens peuvent vivre et servir leur patrie d'une manière indépendante*.

Certes, ce programme était excellent; voyons comment l'Université en a tiré parti :

Au lieu de se borner à détruire les défauts de l'enseignement classique, on lui a juxtaposé un nouvel enseignement fait à son image; une sorte de contrefaçon, de reproduction de second ordre; on a créé^une sorte d'Odéon à côté du Théâtre-Français.

Le nouveau venu n'a rien innové, rien guéri. Il nous apparaît avec les mêmes défauts de son ancien : — même surcharge des programmes : — on a supprimé les langues mortes, mais on a ajouté les langues vivantes, la législation usuelle, l'économie politique, etc., etc.. — Même système de classes rigides, impo sant des efforts égaux à des esprits inégaux; même déchet dans les résultats ; même production de non-valeurs *.

L'enseignement secondaire moderne est de création toute récente, puisqu'il ne date que de sept ou huit années ; il est encore difficile d'en apprécier les résultats. Mais, dès mainte nant, il est permis de craindre qu'au point de vue qui nous occupe ces résultats ne soient pas sensiblement meilleurs que ceux de son frère aîné. L'enseignement moderne n'est guère autre chose que l'enseignement classique débarrassé du grec et du latin et quelque peu fortifié du côté des sciences et des langues vivantes ; cet '^nseignement reste toujours et avant tout théorique, tout ce qri, dans ses programmes, pourrait présenter on caractère pratique étant relégué au second plan 3.

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