‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 104 sur 213 · CARACTÈRE DES IDIOTS · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DES IDIOTS

connaître que par leurs manifestations. Leur parole et leur mimique très incomplètes nous apprennent peu de chose sur leurs sentiments intimes, d'ailleurs très fugaces. Quelle ne sera pas la difficulté chez les idiots ? Il faut vivre constamment avec eux pour les bien connaître et les observer d'une manière très attentive. On ne peut guère, croyonsnous, donner d'indications générales de quelque valeur sur le caractère des idiots. En dehors des trois catégories dont nous avons essayé de montrer les quelques particularités, voici néanmoins ce qu'on observe le plus souvent :

On voit quelquefois survenir chez les idiots profonds des changements brusques d'humeur que rien ne parait motiver. Leur figure exprime tout à coup l'anxiété, et ils se montrent récalcitrants. Chez des idiots simples, on observe des actes bizarres, des mouvements capricieux que l'on ne peut comprendre. Quelquefois ils ont de véritables accès maniaques, sévissent contre eux-mêmes, se frappent la tète contre les murs, brisent, crient. Il est probable que ces sortes d'accès sont liés à des troubles circulatoires cérébraux.

La plupart des auteurs (Schùle, Griesinger et d'autres) distinguent deux formes, Tanergéthique et l'éréthique; la seconde prédominerait et s'accompagnerait souvent d'excitation périodique. « Les idiots du deuxième genre, dit Griesinger. sont remuants, agités, vifs, irritables, se laissent promptement aller à leurs impressions, mais ils sont extrêmement distraits et complètement incapables de se fixer à la moindre chose. On est souvent étonné, quand on voit l'air vif et enjoué de ces enfants, de découvrir qu'ils ne disent pas un mot et qu'ils ne comprennent rien. Dans quelques cas, ils sont tellement excités et turbulents, ils se remuent, sautent de tous côtés, gesticulent, rient, pleurent et

crient de telle façon, pendant toute la journée entière, que cela constitue un véritable état maniaque. »

A l'inverse de ces auteurs, nous pensons au contraire que c'est la forme la moins fréquente que cette forme d'excitation, que ne présente pas déjà la plus grande majorité des idiots profonds. Quant aux autres, si ces deux formes existent, certainement elles ne répondent pas au plus grand nombre de cas, pour lesquels c'est un état moyen qu'on rencontre et qu'il est du reste assez facile d'obtenir avec la discipline et l'éducation.

Chez les idiots légers, le fond du caractère est l'inconstance et l'obtusion des sentiments et la faiblesse de la volonté. Leur humeur dépend surtout de leur entourage, des traitements dont ils sont l'objet. Quand on a bien soin d'eux comme on le fait dans les asiles, ils sont le plus souvent dociles, affectueux, gais et sociables. Ils sont au contraire méchants et malicieux quand on les maltraite. Chez quelquesuns, on observe quelquefois une indisposition mélancolique, chez d'autres une surexcitation constante.

L'aspect des imbéciles est tout autre que celui des idiots. Tout d'abord la conformation du visage, du crâne et de tout le corps peut être parfaitement normale. Ils sont même généralement assez bien conformés. Les traits sont réguliers, mais le crâne est un peu petit, souvent asymétrique. La face est trop large, ils manquent de grâce, sont maladroits, sauf pour certains exercices. Ils portent dans leur personne un air de suffisance, de contentement, en rapport avec leurs idées. Indisciplinés, ils n'obéissent que par crainte, sont souvent violents, surtout avec ceux qui sont plus faibles qu'eux, humbles et soumis avec ceux qu'ils sentent plus forts. Peu affectueux, égoïstes au premier chef, vantards. Ils ont fréquemment des accès de colère, sont cyniques, se livrent

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