CARACTÈRE DES IMBÉCILES
à toutes les perversions sexuelles. Il en est dont le caractère est absolument indomptable et qui sont d'une méchanceté raffinée remarquable. Insouciants, satisfaits d'euxmêmes, ils ne pensent qu'à s'amuser, aux moyens d'éviter le travail.
Mais nous ne pouvons insister davantage. Tout le long de ce travail et dans ce chapitre des sentiments en particulier, nous avons à maintes reprises montré par le détail le caractère des imbéciles. — Leur physionomie est peu expressive, quoique assez mobile. Mais cette mobilité ne correspond pas à des sentiments coordonnés, suivis. Les changements se font sans transition comme se succèdent leurs idées qui sont déterminées par n'importe quelle impression extérieure. Leurs jeux de physionomie sont des plus simples. Ils expriment exactement l'impression momentanée produite, sans modifications apportées par les états d'âme antérieurs. Dès que l'impression cesse, la physionomie reprend son indifférence, les phénomènes intérieurs étant trop faibles pour déterminer une réaction de la physionomie. Aussi celle-ci est-elle au repos très peu intéressante. Ce peut être — rarement — une belle statue, mais c'est une statue. La vie psychique manque. Le regard perd son éclat passager et redevient vague et indécis.
Il en est qui sont assez spirituels, — relativement, bien entendu. C'est parmi eux qu'on recrutait autrefois les fous et les bouffons. Ils ont en effet quelquefois des saillies et des réparties assez drôles, le plus souvent grossières. Ils composent des chansons sur leurs médecins et sur leurs maîtres, qui ne manquent pas de sel parfois, mais sont toujours méchantes. Ils saisissent en effet assez bien, nous l'avons dit, le côté ridicule ou grotesque et ont une grande tendance à l'exagérer. Tant que leur esprit malicieux ne va pas plus
loin, il n'y a pas à se plaindre. Mais bien souvent ils causent dans la famille des divisions par leurs méchants propos et leurs médisances; toujours à l'affût des interprétations les plus désobligeantes pour les autres, bavards, incapables de garder pour eux ce qu'ils savent ou croient savoir, et toujours heureux de voir le mal qu'ils causent, que ce soit un mal moral ou matériel. Si Ton songe combien, avec leur faible jugement ils peuvent être induits en erreur, on verra à quelle triste et dangereuse espèce d'individus on a affaire avec les imbéciles, et quelles précautions on doit prendre contre eux dans la société.