Dagonet, loc. cit
cultes intellectuelles en rapport avec l'imperfection des sens, se trouvent chez l'idiot à l'état rudimentaire. Nous dirons avec Esquirol qu'on peut juger du degré d'intelligence des idiots par l'étendue de leur vocabulaire ». Dans la première phrase, en effet, il prend pour mesure de l'intelligence le développement des sens, dans la seconde, celui du langage. Ce qui est vrai, c'est que la base, c'est le développement des sens et que le langage sert à étendre l'intelligence.
De même Griesinger 1 dit : « Chez l'un il n'y a aucune production d'idées, tandis que chez un autre, l'idée s'efface aussitôt qu'elle a été produite. Chez l'un, c'est la perfection sensorielle qui manque, chez un autre, c'est seulement l'idée abstraite, et ainsi de suite. » Il semble admettre ainsi quatre catégories : 1° l'une par impuissance à produire l'idée ; 2° une par défaut d'atlention à la conserver une fois produite; 3» une par incapacité sensorielle à la percevoir; 4° une enfin par impossibilité de s'élever à l'idée abstraite. Nous pouvons répondre à cela que pour admettre le premier cas, il faudrait admettre des idées innées, capables de se produire spontanément, sans provenir des sens ou de l'association d'idées communiquées par les sens, à moins que ce ne soit ce défaut de production d'idées par association qu'il veuille indiquer. Dans ce cas, il est dans le vrai. Il y a des idiots qui ne peuvent généraliser, comme nous le verrons. Dans le second cas, c'est l'attention qui fait défaut. C'est parfaitement exact; c'est même là le point capital. Sans attention, pas de perception nette, pas de mémoire précise. Dans le troisième cas, c'est le défaut de perception sensorielle des notions qu'on accuse. Nous venons précisément d'en montrer l'importance. Enfin, dans le quatrième cas, l'idiot ne peut s'élever