RAISONNEMENT
De même que chez les enfants, le doute qui suspend l'action est rarement leur fait. La première impression suffisant à déterminer leur jugement, que ne vient contrebalancer aucune idée contradictoire, ils ne font aucune réflexion et l'acte suit le jugement à la façon d'un véritable réflexe. Gela se produit d'autant plus, que l'intelligence est moins développée et l'automatisme des actes se rencontre à un bien plus haut degré chez les idiots que chez les imbéciles.
Pour ce qui est du raisonnement proprement dit, sous la forme syllogistique, ils ne savent, pas le formuler, ils ne savent pas tirer une conclusion, même les imbéciles les plus avancés. « Raisonner, c'est, dit Jacotot, rapporter la chose qu'on sait à la chose qu'on voit. » D'après Binet *, l'élément fondamental de l'esprit est l'image. Le raisonnement est une organisation d'images déterminée par les propriétés des images seules et il suffit que les images soient mises 'en présence pour qu'elles s'organisent et que le raisonnement s'ensuive avec la fatalité d'un réflexe. Celte façon de concevoir le mécanisme du raisonnement est tout à fait en rapport avec ce que nous observons chez l'idiot et l'imbécile. « Le raisonnement, dit-il encore, consiste comme la perception, dans l'application d'un souvenir à la connaissance d'un fait nouveiu et aboutit à la généralisation de ce souvenir. » Et enfin il étudie remarquablement les rapports de la perception extérieure avec le raisonnement, qui présentent jes trois caractères communs suivants : 1° appartenir à la connaissance médiate et indirecte; 2° exiger l'intervention de vérités antérieurement connues (souvenirs ïaits d'expériences, prémisses); 3° supposer la reconnaissance d'une