‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 2 sur 213 · GÉNÉRALITÉS ET CLASSIFICATIONS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS ET CLASSIFICATIONS

SOMMAIRE : Difficultés du sujet. — L'idiotie n'est pas une entité clinique. — Parallèle de l'intelligence des idiots avec celle d'enfants normaux . — Variabilité des causes et multiplicité des lésions de l'idiotie. — Parallèle de l'intelligence des idiots avec celle des animaux. — Principales définitions de l'idiotie de l'imbécillité. — Classifications proposées par les auteurs et bases de ces classifications. — Le degré de l'attention peut servir de base à une classification.

Les auteurs qui se sont le plus occupés de l'idiotie, soit dans des mémoires spéciaux, soit plus rarement dans des traités didactiques, ont insisté surtout sur les troubles physiques que présentent les idiots. Quant aux troubles psychiques, ils se sont contentés d'indiquer la marche à suivre pour les étudier, ou de décrire différents types d'idiots, et

c'est tout. Aucun deux n'en a fait une analyse approfondie suivant les préceptes et l'ordre qu'ils indiquaient, et la plupart sont restés dans des généralités telles, que tous ceux qui ont vu de près des idiots, sans études philosophiques ou scientifiques spéciales, pourraient en dire autant, car elles peuvent presque se résumer en ceci, que l'idiot est un être dépourvu d'intelligence et de sentiment, ce que tout le monde sait.

Aussi n'est-ce pas sans une crainte motivée que nous nous sommes hasardé à tenter à notre tour l'étude de l'état mental des idiots et des imbéciles. En présence des difficultés qu'elle offre, nous avons facilement compris pourquoi les auteurs s'étaient bornés à en indiquer les grandes lignes, sans l'entreprendre eux-mêmes. Ces difficultés tiennent à bien des causes. Les montrer excusera peut-être le résultat incomplet auquel nous sommes arrivé, et servira en même temps à indiquer les points sur lesquels il faudra par la suite porter le plus son attention pour tâcher d'en tirer quelques fruits meilleurs.

La première difficulté à laquelle on se heurte, c'est que l'idiotie n'est pas une entité clinique, et qu'il est impossible d'en tracer un tableau unique. On peut faire la psychologie complète de l'homme normal doué de toutes ses facultés. Mais l'idiot est un être anormal, et anormal à des degrés si variables qu'on est forcé d'y reconnaître plusieurs types. De sorte que la description de l'état mental d'un idiot du type le plus inférieur ne saurait être la même que celle d'un idiot du type le plus 'élevé. L'idiot n'est pas un être à part; c'est une classe d'individus dans laquelle on observe toutes les nuances; et il est aussi difficile de marquer la caractéristique qui sépare l'idiotie profonde de l'idiotie lé-

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