MÉTHODES D'ÉTUDE
gère, que celle-ci de l'imbécillité, et celle-ci encore de l'arriération et de la débilité mentale.
Ce qu'on pourrait tenter pour mesurer l'état mental des idiots, c'est de chercher à quel âge correspond chez un enfant normal le développement psychique qu'on observe chez eux. Nous avons, en effet, à cet égard, aujourd'hui, grâce aux travaux de Tiedemann, Preyer, Sikorski, Perez, etc., des données assez précises et concordantes. On a donc des points de repère. Mais de nouvelles difficultés surgissent.
Pour que cette méthode fût applicable d'une façon au moins suffisante, il faudrait que la cause de l'idiotie fût, pour ainsi dire, unique. Si c'élait, par exemple, un arrêt de développement cérébral, on pourrait presque à coup sûr, dire, d'après l'état intellectuel observé, à quel âge l'idiotie serait survenue. L'idiotie la plus profonde serait congénitale, et plus tard elle serait apparue, plus l'enfant serait développé intellectuellement. Malheureusement, il est loin d'en être ainsi. Tout d'abord, en effet, l'idiotie congénitale n'est pas forcément complète et incurable, et elle présente tous les degrés comme l'idiotie acquise. De plus les lésions qui produisent l'idiotie sont extrêmement variées1 et ne consistent pas le moins du monde en un simple arrêt de
1. M. Bourneville distingue les formes suivantes : 1° Idiotie symptômatique de l'hydrocéphalie {idiotie hydrocéphalique) ; 2° Idiotie symptômatique de înicrocéphalie {idiotie microcéphalique); 3° Idiotie symptôuiatique d'un arrêt de développement des circonvolutions ; 4° Idiotie symptômatique d'une malformation congénitale du cerveau, {porencéphalie, absence de corps calleux, etc.) ; 5° Idiotie symptômatique de sclérose hyper trophique ou tubéreuse; 6° Idiotie symptômatique de sclérose atrophique : a. sclérose d'un hémisphère ou des deux hémisphères; b. sclérose d'un lobe du cerveau ; c. sclérose de circonvolutions isolées; d. sclérose chagrinée du cerveau (?) ; 7° Idiotie symptômatique de méningite ou de méningo-encéphalite chronique (idiotie méninqitique) ; S0 Idiotie avec cachexie pachydermique, ou idiotie myxœdémateuse .
développement. Or, suivant que la lésion causale est plus ou moins étendue, plus ou moins profonde, l'idiotie est plus ou moins grave, et surtout l'intelligence est inégalement touchée. Il devient dès lors impossible de prendre pour terme de comparaison l'intelligence d'un enfant normal dont le développement des diverses facultés est dans un rapport presque constant.
Mais l'impossibilité théorique d'un tel parallèle saute aux yeux dès qu'on veut le réaliser, et l'on est frappé alors de la différence qui existe entre un enfant non encore complètement développé et un idiot même très éduqué. L'enfant a en germe toutes les facultés et le pouvoir de les développer. Elles surgissent spontanément à mesure que son cerveau s'organise. Chez l'idiot, il faut aller les chercher au fond même de l'intelligence, et une fois qu'on est arrivé à les développer et à les façonner un peu, on doit appliquer tous ses efforts, non pas tant à les développer davantage qu'à les maintenir au degré où on les a amenées. L'enfant se meut spontanément, l'idiot est un automate qui se meut suivant l'impulsion qu'on lui donne. Un enfant peut comprendre une chose et ne pas savoir la faire, un idiot peut la faire et ne pas la comprendre. Quand l'enfant sait faire une chose, c'est qu'il la comprend, et la preuve, c'est qu'il cherche à la modifier suivant les circonstances ou même par besoin de varier son activité. L'idiot fait automatiquement les choses et s'arrête dès qu'il survient le moindre obstacle qu'il ne sail comment vaincre. Aussi, quoique les actes soient en apparence le meilleur critérium de l'intelligence et du sentiment chez les individus normaux, on arriverait à des conclusions tout à fait erronées si on voulait juger d'après eux du degré d'idiotie. A notre sens, et après bien des essais, nous pensons donc que la comparaison de