‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 31 sur 213 · Pérez, Les trois premières aimées de l'enfant · texte numérisé non relu

Pérez, Les trois premières aimées de l'enfant

LMPORÏANCE DE L'ATTENTION 37

qu'il semble, ceux dont l'excitabilité nerveuse est la plus grande.

Il est donc évident que la faculté d'attention est primitivement en rapport avec la vivacité des sensations. Or, chez les idiots, les sensations sont très peu vives, d'où il résulte que leur attention est très difficilement attirée ou même pas du tout dans les premiers temps de la vie, et ce fait frappe tous les parents d'idiots.

En conséquence de ce défaut d'attention, les sensations n éveillent chez eux que des perceptions vagues, très confuses et aucune idée nette. Dès la naissance, le défaut d'attention empêche donc l'enfant de percevoir clairement des sensations, de les comparer, et par suite de produire l'idée qni résulte de cette comparaison de sensation multipliées et semblables chacune à elle-même. A mesure que son organisme se développe et devient sujet à de plus mombreuses sensations, l'attention ne se développant pas, ces sensations sont perçues consécutivement comme isolées les unes des autres, sans éveiller aucun rapport entre elles, et partant, pas d'idées, pas de connaissances. L'état d'idiolie ne peut donc aller qu'en se confirmant de plus en plus. Les rapports les plus simples des choses, les propriétés les plus saillantes frappent toujours l'idiot de la même façon, et il ne les saisira pas plus à la centième fois qu'à la première, Dans de telles conditions, comment concevrait-on le développement du langage qui esl d'une telle importance dans le développement de l'intelligence et dans la rapidité de ce développement, que des auteurs comme Esquirol et Dubois d'Amiens l'ont pris comme criteiium de l'état intellectuel? Soit, mais à la condition qu'on dise auparavant pourquoi le langage est possible ou ne l'est pas. Ce pourquoi réside dans l'état de l'attention.

De même que l'attention est la condition première du développement des premières connaissances de l'enfant, de même elle est d'une utilité indiscutable dans l'éducation et l'instruction ultérieures. Tous les pédagogues sont d'accord sur ce point. Le rôle de l'attention dans l'éducation est trop connu aujourd'hui pour qu'il soit utile d'y insister ici. Aussi bien n'est-ce pas notre affaire. Nous voulons seulement retenir le fait à l'appui de notre opinion. C'est pour cela que nous avons basé noire classification des idiots, tant au point de vue de leur état actuel, que du pronostic à venir, sur le développement de leur attention.

Ceci nous amène à exposer le plan que nous comptons suivre dans cette étude de la psychologie des idiots et des imbéciles.

Comme nous le disions plus haut, la sensation est la première condition de la connaissance. Nous examinerons donc d'abord l'état des sensations chez les idiots. Puis, l'attention étant pour nous la condition psychique indispensable pour le développement de l'intelligence, nous serons tout naturellement amené à l'étudier en détail. Passant alors aux diverses facultés auxquelles l'attention permet d'éclore, nous passerons en revue successivement les instincts, les émotions et les sentiments, le langage, l'intelligence proprement dite, la mémoire, l'association des idées, le raisonnement, et enfin, la volonté, la personnalité et la responsabilité.

Dans cette description séparée et progressive de l'état psychologique des idiots et des imbéciles, nous chercherons autant que possible à contrôler et à dégager les lois ou les théories formulées dans la psychologie normale. Nous ne prendrons pour objets d'étude que les idiots et les imbéciles sans complication d'épilepsie, cette dernière affection,

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