‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 30 sur 213 · THÉORIE DE SÉGUIN · texte numérisé non relu

THÉORIE DE SÉGUIN

Ainsi, pour Séguin, il semble que l'état des facultés psychiques de l'idiot soit pour ainsi dire normal , quoique diminué, mais que la volonté seule lui fait défaut et l'empêche de les exercer. Nous l'avons déjà dit, nous ne saurions souscrire à une telle opinion. Pas plus qu'il n'est possible à un homme d'une intelligence moyenne de devenir un homme de génie, quelle que soit sa force de volonté, pas plus il n'est possible à un idiot de devenir à volonté un homme d'intelligence moyenne. Les facultés de ce qu'on est convenu d'appeler l'âme humaine, toute théorie philosophique mise à part, sont toutes solidaires entre elles et sont dans un rapport direct exact avec l'état de la cellule cérébrale. Dès que le cerveau est lésé dans son ensemble, comme c'est le cas dans l'idiotie, toutes sont atteintes; ce n'est donc pas dans la volonté prise à part, regardée comme une chose distincte du reste de 1 ame, qu'il faut chercher l'explication de l'état d'idiotie.

Mais quand on examine les choses de près, on en vient à se demander si véritablement c'est dans l'amoindrissement •ou l'absence d'une faculté quelconque qu'il faut chercher la cause de cet état et sa persistance. Toutes les facultés sont atteintes à un degré plus ou moins marqué, et si nous blâmons Séguin d'nvoir voulu faire de l'absence de la volonlé la clef de voûte de l'idiotie, ce n'est pas pour y substituer une autre faculté, ce qui nous exposerait à une critique aussi facile et aussi juste. Il reste bien entendu que nous n'avons pas le droit d'incriminer telle faculté plutôt que telle autre l'anatomie pathologique nous l'interdit. Mais nous pourrons nous placer à un autre point de vue, celui de l'éducation^ c'est-à-dire le point de vue pratique, thérapeutique, puisque, à côté de l'hygiène, c'est l'éducation qui forme la base du traitement des idiots. Dès lors, il nous est permis

de nous demander ce qu'il y a de plus important à développer chez l'idiot, ce sans quci l'éducation devient impossible, ou, suivant le degré auquel cela existe, difficile seulement ou possible. A la question du traitement s'ajoute donc aussi celle du pronostic, qui est la première qu'adressent les parents et à laquelle on doit répondre. Sur quoi donc ce basera-t-on pour dire, avec probabilité bien entendu, que tel enfant s'améliorera, se perfectionnera, ou, au contraire, risque fort de rester toujours dans le même état d'idiotie? A cette question nous avons cherché une réponse dans les auteurs et nous n'avons rien trouvé. Force nous est donc de donner notre seule opinion personnelle d'après les nombreux faits que nous avons eus sous les yeux, et qui n'ont fait que confirmer l'opinion théorique qne nous nous étions faite en comparant l'idiot avec l'enfant normal.

De celte étude il nous a paru ressortir nettement que c'est au défaut d'attention plus ou mons prononcé qu'on doit rapporter le non développement des facultés et ensuite la persistance de ce défaut de développement, c'est-à-dire l'idiotie. Nous étudierons plus loin l'attention chez les idiots et les imbéciles, mais actuellement nous tenons à entrer dans quelques détails pour jnstifier la proposition que nous venons d'émettre.

L'attention, l'attention spontanée, bien entendu, paraît avoir pour cause constante des états affectifs, lesquels sont déterminés par des sensations ( Ribot)1. D'autre part on a remarqué (Pérez)2 que chez les petits enfants comme chez les jeunes animaux, les plus facilement attentifs sont, à ce

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