Ribot, loc. cit
est lui-même atteint et imparfait. Rien de surprenant dès lors que l'attention présente une telle diminution quand ce n'est pas une absence presque complète.
Si nous recherchons maintenant quels sont, parmi les états affectifs, ceux qui sont les plus simples, et déterminent les premiers l'attention, nous constatons que ce sont ceux qui ont pour cause des tendances, des appétits, des besoins, et se rattachent, en dernière analyse, à ce qu'il y a de plus profondément enraciné dans l'individu, l'instinct de la conservation.
Nous avons vu dans le chapitre précédent, que ce sentiment même de la conservation était très atténué, qu'il ne se manifestait guère que par la voracité pour les aliments, et que le besoin de la faim, qui est la condition primordiale de la conservation de la vie, était souvent très mal apprécié. Chez les idiots incurables, les états affectifs les plus élémentaires capables de provoquer l'attention manquent donc ou sont extraordinairement affaiblis. Et s'il est vrai que l'attention est au service et sous la dépendance des besoins et est toujours liée au sens le plus parfait, on comprend, d'après l'examen que nous avons fait rapidement des perceptions chez l'idiot, qu'elle soit faible comme les sensations elles-mêmes dont elle est corrélative.
En somme les troubles de la motilité, l'affaiblissement des sentiments, l'imperfection des sensations, tout concouit à diminuer le pouvoir de l'attention, qui peut même arriver à être complètement aboli. Voilà pour la forme de l'attention spontanée, appliquée aux objets extérieurs. Que serace donc pour l'attention appliquée aux événements intérieurs, c'est-à-dire pour la réflexion? C'est là un phénomène intellectuel totalement inconnu de la plupart des idiots, sinon de tous, et même d'un grand nombre d'imbéciles. Mais nous aurons l'occasion d'y revenir.